vendredi 31 août 2007

Manoel de Oliveira, un film avec Colomb en toile de fond.


"Je suis connu pour mon âge, pas pour mes films".

Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira se présente ainsi, comme un dandy malicieux. Né le 11 décembre 1908, au temps du cinéma muet, il est bientôt centenaire, mais toujours alerte, vif et séducteur. Le plus âgé des cinéastes en activité travaille sans cesse et vient d'achever le montage de son 47e film, "Cristovao Colombo - O Enigma" (Christophe Colomb, une énigme), qui sera présenté hors compétition, le 6 septembre, à la Mostra de Venise (29 août-8 septembre), un des principaux festivals de cinéma avec celui de Cannes.

Le film se passe de 1947 à nos jours. Il n'y a, comme toujours dans son oeuvre, ni grande reconstitution historique ni costumes d'époque et, dans ce cas précis, ni caravelle ni tempête. Tout au plus un bateau, la mer, la statue de la Liberté, un couple qui voyage et raconte une histoire. "Ce n'est un film ni biographique, ni romantique, ni historique, explique Manoel de Oliveira. Christophe Colomb reste une énigme : tout le monde pense qu'il est génois, mais certains chercheurs ont écrit qu'il ne parlait pas italien, mais portugais et espagnol, ce qui a relancé la question de sa nationalité."

Dans ce film adapté d'un ouvrage de Manuel da Silva, un docteur et sa femme tentent de prouver que Christophe Colomb est portugais, une thèse largement controversée.

"L'important, c'est sa découverte de l'Amérique, (1) son effort pour arpenter le globe, sa sortie sur des terres inconnues. Aujourd'hui, cela revient à un acte de mondialisation", dit le cinéaste. Une histoire épurée donc, sur fond de Nouveau Monde accosté en 1492, celle d'un amoureux de la science et des découvertes. Ce qui permet notamment au réalisateur de citer le poète et grand voyageur portugais du XVIe siècle, Luis de Camoes, à propos d'aventures de marins inconnus.

Une nouvelle fois, comme pour La Princesse de Clèves avec La Lettre ou Madame Bovary avec Val Abraham, Oliveira situe le récit aujourd'hui. Le tournage s'est effectué en mars et en avril à Porto, Lisbonne, en Algarve, à Madère et aux Etats-Unis, notamment à New York. Le montage est effectué à deux pas de Paris, à Saint-Ouen.

Ayant souffert pendant trente ans de la dictature de Salazar, qui l'a empêché de faire du cinéma, Manoel de Oliveira a atteint cet âge où il est doux de philosopher, de s'amuser du monde. "Je ne connais pas de pire question que de demander à un écrivain : "Pour quel public écrivez-vous ?" Si l'artiste est sincère, correct, ce n'est pas une question. Si le public aime, il aime, sinon tant pis." Sombre et loin des vanités du monde, il rappelle enfin que Van Gogh a peu vendu de tableaux de son vivant.

Photo et texte extraits de l'article publié dans le journal "Le Monde", le 29.08.07.

(1) Il y aurait donc des gens qui pensent comme moi...

Présentation du dernier film de Manoel de Oliveira :

"Cristovao Colombo - O Enigma", traduction française du titre : "Christophe Colomb, une énigme". Scénario d'après un roman de Silvia da Silva et Manuel da Silva. Evocation de la vie de Christophe Colomb, à travers le portrait d'un couple de chercheurs du milieu du XXe siècle, convaincus (1) que l'explorateur était portugais.

Synopsis (officiel) du film :

"Sous forme de fiction romancée, Christophe Colomb serait en fait d’origine portugaise. Il serait né dans la petite ville de Cuba, et aurait ainsi, par la suite, baptisé du même nom la plus grande île qu’il ait découverte dans les mers antillaises (2) . Cette révélation moderne résulte des recherches d'un couple de chercheurs du milieu du XXe siècle, convaincus des racines portugaises de l’illustre explorateur".

Image du film. (DR)

Image du film. (DR)

Image du film. (DR)
Casting :
* Leonor Baldaque : Sílvia Jorge da Silva
* Lourença Baldaque : l'ange
* Norberto Barroca : le vieil homme
* Luis Miguel Cintra : le narrateur / le directeur du musée
* Manoel De Oliveira : Manuel Luciano da Silva
* Maria Isabel De Oliveira : Sílvia Jorge da Silva
* Sam Masotto : l'immigrant
* Leonor Silveira : la mère
* Jorge Trepa : Hermínio da Silva
* Ricardo Trepa : Manuel Luciano da Silva jeune

Contraitement à ce qu'ont cherché à nous faire croire certains huluberlus qui ont abondament spammé notre site, en mai et juin 2007 et, qui voulaient que nous parlions de ce film avant qu'il ne sorte, il ne s'agit pas d'un film qui démontre les origines portugaises de Colomb mais, seulement d'un film qui parle de la vie d'un de ceux qui croient que Colomb est portugais. Une nuance de taille !

(1) Le texte dit "convaincu" et non pas "ayant trouvé la preuve que" ... :-)
(2) Sur le nommage de Cuba, regardons ce qu'en disent les historiens professionnels de Cuba, sans faire de cinéma...

Jean-Michel Urvoy
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Qui écrit les articles de Wikipedia ?

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Qui sont les rédacteurs des articles de Wikipedia ?
En principe tout individu qui possède des connaissances pointues sur un sujet et qui désire les partager avec les internautes. La réalité est un peu différente.

Le WikiScanner répond autrement...
Un étudiant américain du nom de Virgil Griffith a développé dernièrement un site, nommé "WikiScanner", qui permet d'obtenir des informations sur les personnes qui écrivent ou modifient les articles dans Wikipedia, encyclopédie dans laquelle chaque internaute peut corriger ce qu'a précédemment décrit la communauté sur un sujet donné.
C'est en apprenant que des élus du Congrès ou leurs collaborateurs avaient eux-mêmes écrit leur notice biographique sur l'encyclopédie libre Wikipédia que Virgil Griffith, un étudiant américain – qui avait déjà révélé les failles de différents systèmes informatiques –, s'est attelé l'an dernier à créer le WikiScanner, mis en ligne lundi 13 août 2007. Ce logiciel, qui croise différentes bases de données, permet à tout internaute de trouver à quels organismes ou entreprises appartiennent les adresses IP des ordinateurs d'où ont été modifiées anonymement des notes de l'encyclopédie libre. Et, en comparant ainsi deux versions d'une notule, de constater qu'un utilisateur du réseau informatique d'une entité a modifié ou supprimé des passages qui le gênaient.
On découvre également qu'une phrase affirmant que le système de Microsoft MSN Search est "un rival majeur de Google" émane justement de l'agence chargée des relations publiques de Microsoft.
L'outil développé par Virgil Griffith fonctionne par détection d'adresse IP et recoupement avec les bases de données publiques permettant parfois de mettre en relation une telle adresse avec une société ou organisme.
Ainsi, le site de Virgil Griffith a permis de vérifier que l'église de scientologie était très présente dans l'encyclopédie au niveau des rédacteurs, tout comme le Vatican d'ailleurs... Mais certaines sociétés sont également allé modifier leur fiche, ce qui peut sembler logique - même si dans certains cas c'était pour ôter des affirmations exactes mais dérangeantes -, mais également celles de leurs concurrents... Le site Wired propose ainsi une (longue) liste de tels agissements.
On trouve parmi ceux-ci des révisionnistes qui réécrivent l'Histoire dans le but de faire la promotion d'ouvrages qui pronnent des théories écrites par un de leur proche.

L'outil ne donne, bien entendu, pas d'informations sur le nom de l'auteur des modifications, mais uniquement sur l'entreprise ou l'organisme à partir desquels les données ont été modifiées... Il existe cependant des moyens d trouver ces informations complémentaires manquantes.
Visitez le site de Virgil Griffith.

Dans un domaine identique et qui nous est proche, nous avions découvert, entre septembre 2006 et juin 2007, quelques anomalies sur les pages d'histoire francophone de wikipedia qui traitent de l'histoire de Colomb et des sujets voisins.

Certaines pages avaient été réécrites par un individu qui s'était inscrit sur wikipedia le 28 mai 2007 en se faisant appeler "velum". L'individu s'était approprié plusieurs pages dont celle sur Christophe Colomb". Profitant du flou de l'histoire et de l'absence d'informations précises, il donnait au texte une orientation très portugaise a certains passages alors que certains sujet demandaient une neutralité du fait du manque d'informations authentiques. Entre le 22 mai 2007 et le 10 juin 2007, en s'appuyant sur des thèses et des théories révisionnistes ridicules, rejetées depuis longtemps par la communauté des historiens dont les portugais et ceux d'autres pays, "velum" s'acharnait à inventer un nouvel état-civil à Colomb et à en faire un portugais. Il s'obstinait à modifier des informations connues. Il avait un comportement totalement ridicule dans les pages de discussions; il montrait son incompétence lorsqu'on lui demandait de fournir des preuves de ce qu'il avançait : ce qu'il n'a jamais réussi à faire.

Comme par hasard ces campagnes de modifications correspondent à des évènements, en rapport avec Colomb qui se sont déroulés au Portugal au même moment.

- Septembre 2006 : début des modifications massives sur wikipedia, sur la page Christophe Colomb.

- Octobre 2007, le 28 : inauguration au Portugal, à Cuba dans l'Alentejo d'une statue dédiée à Colomb. Un groupe de farfelus déclare que Christophe Colomb serait né au Portugal dans ce village. Ces gens s'appuient sur des ouvrages écrits par des charlatans, depuis longtemps contestés au Portugal et ailleurs. On trouve la liste de certains de ces carabistouilleurs sur ce document en portugais : Discours du Conseil Municipal de Cuba.

L'individu caché sous le pseudonyme "velum" attribuait également les recherches sur l'ADN de Colomb à un portugais vivant aux États-Unis, nommé Da Silva, alors qu'elle étaient dirigées par un scientifique espagnol de la faculté de Grenade, en Espagne. Notons au passage que les résultats des recherches sur l'ADN de Colomb sont connus. Ils ont été publiés par l'Université de Grenade le 13 octobre 2006.

Le gugusse faisait de Colomb un membre de la famille royale portugaise alors que ses origines ne sont pas connues. La liste des carabistouilles est longue. On trouve un exemple de ces informations sur cette page.

- Mars 2007 : Reprise importante des falsifications sur les pages wikipedia de Colomb. On découvre que le révisionnisme utilise principalement l'ouvrage du dénommé Da silva comme source principale.
- Mars Avril 2007 : Un tournage ayant comme sujet Colomb en trame de fond se déroule à Porto, à Lisbonne et en Algarve. Le metteur en scéne est Manoel de Oliveira, un portugais. Nous sommes spammé par un crétin qui nous annonce le tournage d'un film sur la vie de Colomb portugais. Et un autre abruti nous invite à venir voir ses exploits sur les pages de wikipédia... Un autre nous informe de l'existence de l'ouvrage de de Da Silva. Nous recevons comme ceux-la d'autres spam du même genre. Je découvre maintenant, en lisant la fiche technique du film que le scénario est adapté du bouquin de Da Silva que le révisionniste nous présentait il y a peu comme la source primordiale des informations concernant les origines portugaises de Colomb.

Il est difficile de croire un seul instant à l'objectivité du dénommé "velum" qui réécrirait les pages de wikipedia lorsqu'on on le retrouve à faire la promotion de l'ouvrage de da Silva sur un site spécialisé dans la promotion de ce livre... Espérons qu'il recevra une partie des droits d'auteur en remerciement de ses efforts....

La nature à horreur du vide et, moi du hazard.... Une autre citation qui me plait beaucoup est : "il faut être con, pour douter de la connerie"...

Les périodes de falsifications sur le web et les envois massifs de spam correspondent à chaque fois à la proximité d'un évènement lié à l'activité de ce groupe de faussaires et relié à Colomb. Ces gens n'auraient que ces arguments pour promouvoir leur thèorie ?

Il est a noter que les révisionnistes n'arrivent même pas se mettre en accord entre eux : la ville de Cuba au Portugal nous érige une statue à un dénommé "Cristóvão Colon" tandis qu'Afonso Pizzaro, fils de Mascarenhas Barreto et grand donneur de leçon du web, nous indique que son vrai nom serait : «Cristofom Colom».... alors que Manoel de Oliveira sort un film intitilé "CRISTOVÃO COLOMBO – O ENIGMA", d'après le roman de Da Silva, dans lequel il appelle notre héros "Cristóvão Colombo".
- Inspecteur Colombo, votre femme, elle en dit quoi de tout ça ??

J'ai subitement une crainte : si un de ces crétins s'imagine que le Père Noël et Chistophe Colomb ne font qu'un, on risque d'être emmerdés tous les ans à la fin de l'année.

Note à benêts : Ce n'est pas parce que certains portugais ont un comportement douteux que toutes les anglaises sont rousses ! J'ai de nombreux amis portugais, et ils sont cultivés; ils savent que Colomb est un sujet à risques et la majorité connaissent l'histoire de leur pays.


Fernand Surville,

avec l'aide de Jean-Michel Urvoy.


Sujets en relation
Sur ce blog
- Carabistouilles et contrefaçons.

Sur le web
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Le Monde, 16.08.07 : "Ces entreprises et organismes qui modifient Wikipédia dans leur intérêt".
- Actu.abondance.com ( Aout 2007)
- Un tiers des américains utilise Wikipedia (26 avril 2007)
- Exalead explore Wikipedia (12 avril 2007)
- Citizendium, nouveau concurrent pour Wikipedia (3 avril 2007)
- Wikipedia met ses liens en nofollow (26 janvier 2007)
- Wikiasari, le moteur anti-Google de Wikipedia (27 décembre 2006)
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mercredi 29 août 2007

Les vents en Méditerrannée

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Le principali direzioni dei venti nel Mediterraneo sono otto:

Tramontana (N)
Greco (NE)
Levante (E)
Siroco (SE)
Ostro (S)
Libeccio (SO)
Ponente (O)
Maestro (NO)

La rosa dei venti è generalmente rappresentata sulle bussole, negli strumenti nautici e in quelli topografici.



Les quatre familles de vents méditerranéens
Origine : famille - description

Nord Ouest : Lis Aurasso - Grands Vents Impétueux. li vent-terrau
Nord Est : Li Rispo - Vents froids Glacés. li vènt
Sud Est : Li Marinado - Brises de Mer .
Sud ouest : Lis Aureto - Brises et zéphyrs. Vents doux frais et agréables. eissaure.

mardi 28 août 2007

Etudes de reconstitution d'une nef mediévale : la Coca de Mataro

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Etapes intermédiaires dans l'avancement du projet






Réalisationdes images 3 D : Georges de Walques.

Documentation : Jean-Michel Urvoy.
Source des informations : Musée Maritime de Barcelonne.

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lundi 27 août 2007

Des titres comme celui la, ça ne s'invente pas...

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Chantal, Suzanne, 1908-; "La caravelle et les corbeaux : Lisbonne ";
385, [4] p. ; 19 cm; Paris : Rond-Point, cop. 1945.

"Corbeau" en Portugais de dit : "Corvus".

"Corvus, dispositivo de navios romanos usados no início da Primeira guerra púnica".

Information envoyée par un lecteur. Sans commentaire.


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samedi 25 août 2007

Etude pour une statue de la reine Isabelle la Catholique.


Pedro Mena y Medrano (Granada, 1628 – Málaga, 1688)

Pedro Mena y Medrano fut l'un des principaux créateur "de representations religieuses" en Andalousie. Il réalisa des statues en bois polychromes de la Reine Isabelle et du Roi Ferdinand, elles se trouvent dans la cathédrale de Grenade.

Cette esquisse d'une statue d'Isabelle la Catholique est un modello. Il est realisé avant la création de la sculpture.


Pedro de Mena y Medrano
Spanish, 1675
Black chalk, pen and brown-gray ink, yellow, gray, and red wash
13 9/16 x 9 3/16 in.
94.GA.82
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Source des informations :
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Documents portugais des Archives de Portugal

Les documents historiques portugais sont conservés par la Direction Generale des Archives de la Torre do Tombo. On y trouve de nombreux documents concernant la Découverte du Nouveau Monde.
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Façade du bâtiment des Archives Nationales Portugaises de la Torre do Tombo.
Direcção Geral de Arquivos, Alameda da Universidade, 1649-010 LISBOA - Portugal.


Rapport - entouré par des dispositifs de stockage - sur la formation de la collection Corpo Cronológico, elaboré par Manuel da Maia, juste après le tremblement de terre de 1755, arrivé à Lisbonne. Ce rapport indique les mesures prises et à prendre pour la sauvegarde des documents du Secrétariat de l’État des Affaires du Royaume et des Cours de Justice.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.

Intérieur du coffre-fort dans lequel sont conservées les Archives de Portugal
Vue générale du stockage du Corpo Cronológico dans le coffre.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.

Conservation individuelle des piéces les plus importantes.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.


Invocation, en portugais, au nom de Dieu par le roi D. João II: première ligne d'une charte.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.


Coffret dans lequel est conservée à la Torre do Tombo la copie du Traité de Tordesillas, signée par les rois Catholique.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.

Traité de Tordesillas (version castillane) : Ratifié à Arevalo par le roi Ferdinand II d’Aragon et la reine Isabelle Ire de Castille le 2 juillet 1494. Manuscrit sur parchemin. 4 plis (8 feuillets : 340 x 250 mm). Signatures de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle Ire de Castille. La version castillane du traité est conservée à Lisbonne par les Archives de Torre do Tombo (Arquivo Nacional da Torre do Tombo, Direcção Geral de Arquivos, Alameda da Universidade de Lisboa, 1649-010, Lisbonne.


Traité de Tordesillas, première page.
Version espagnole signée par les Rois Catholiques,
conservée à la Torre do Tombo, Portugal.


Traité de Tordesillas, première page.
Version portugaise signée par le roi Joao II,
cet exemplaire est conservé par l'Espagne.

Traité de Tordesillas.
Le sceau de Portugal fixé sur les fils de soie.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.

Traité de Tordesillas (version portugaise) : Ratifié à Setúbal par le roi du Portugal le 5 septembre 1494. Manuscrit sur parchemin. 4 plis (8 feuillets : 330 x 250 mm). Signature de Jean II de Portugal. Sceau en plomb pendant sur lacs de soie. Signature de Jean II de Portugal. La version portugaise du traité est conservée par la Chancellerie royale de Castille (Conservation, Archivo General de Indias, Avda. de la Constitución, 3 - 41071 Séville - Espagne)


Quelques documents des Archives Portugaises



Lettre du cosmosgraphe, maître Jean, au roi D. Manuel I,
lui faisant connaître qu’en débarquant à la terre qu’ils venaient de découvrir – Vera Cruz, nommée plus tard, le Brésil -, ils ont commencé à discourir sur des observations astronomiques, dont le résultat fut la représentation de la constellation australe, nommée de Croix-du-Sud.
Vera Cruz, le 1er Mai 1500.
Manuscrit autographe, sur papier, 2 folios, 312 mm x 218 mm, à l’écriture cursive de tradition joanina.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.

Mandat de Fernão Lopes Correia, capitaine et gouverneur de la ville de S. Jorge da Mina, adressé a Manuel Sande, pour que celui-ci offre 3 bassines aux chefs asafo du roi des Akan, envoyés au comptoir en mission par leur roi. - S. Jorge de la Mine, le 5 Juillet 1519.
Manuscrit original, sur papier, 2 folios, 290 mm x 210 mm, à l’écriture cursive de tradition joanina.
Source :Torre do Tombo et UNESCO.


Jean-Michel Urvoy

Source des documents et des informations :

- Torre do Tombo, Direcção Geral de Arquivos, Alameda da Universidade, 1649-010 LISBOA - Portugal.

  • PORTUGAL.Instituto dos Arquivos Nacionais / Torre do Tombo. "Gavetas". in Guia de Fontes Portuguesas para a História da América Latina. Elaborado por Isabel Castro Pina; Maria Leonor Ferraz de Oliveira Silva Santos; Paulo Leme. Lisboa: Comissão Nacional para as Comemorações Portuguesas; Fundação Oriente; Imprensa Nacional-Casa da Moeda, 2001. vol.II. ISBN 972-271055-9. p.218. Publicado sob os auspícios da Unesco e do Conselho Internacional de Arquivos.
  • PORTUGAL.Instituto dos Arquivos Nacionais / Torre do Tombo. "Gavetas". in Guia de Fontes Portuguesas para a História da Ásia. Elaborado por Fernanda Olival; Isabel Castro Pina; Maria Cecília Henriques; Maria João Violante Branco. Lisboa: Comissão Nacional para as Comemorações Portuguesas; Fundação Oriente; Imprensa-Nacional-Casa da Moeda, 1998. vol.I. ISBN 972-27-0903-8. p. 97-98. Publicado sob os auspícios da Unesco e do Conselho Internacional de Arquivos.
  • PORTUGAL. Instituto dos Arquivos Nacionais / Torre do Tombo. Direcção de Serviços de Arquivística - "Gavetas". in Guia Geral dos Fundos da Torre do Tombo: Instituições do Antigo Regime, Administração Central (1). Coord. José Mattoso [et al.]; elab. Maria do Carmo Dias Farinha [et al.]; fot. José António Silva.Lisboa: IAN/TT, 1998. vol. 1. (Instrumentos de Descrição Documental). ISBN 972-8107-42-0..p. 64-65. Acessível no IAN/TT, IDD (L.602).
  • DINIS, Fr. António Joaquim Dias – Monumenta Henricina. Direcção, organização e anotação crítica de Fr. António Joaquim Dias Dinis. Coimbra: Comissão Executiva das Comemorações do V Centenário da Morte do Infante D. Henrique, 1960-1978. 26 vol.
  • MAIA, Manuel da - Catálogo dos documentos chamados das Gavetas. [Manuscrito]. [1766]. Disponível no Instituto dos Arquivos Nacionais / Torre do Tombo, Lisboa, Portugal. (L. 272).
  • MARQUES, João Martins da Silva – Descobrimentos Portugueses: documentos para a sua história. Publicados e prefaciados por João Martins da Silva Marques. Lisboa: Instituto de Alta Cultura, 1944-1971. 5 vol. REGO, A. da Silva - As Gavetas da Torre do Tombo. Lisboa: Centro de Estudos Históricos Ultramarinos, 1960-1977.12 vol..

- UNESCO, Paris : "Mémoire du Monde - Memory of The World".

Note : L'utilisation des illustrations est régie par L'UNESCO. Les copyrights sont ceux de l'UNESCO.
Documents and informations allowed to be copied for educational (non-commercial) purpose, please indicate their source. Copyrights : Torre do Tombo, UNESCO, Association l'Amiral de la Mer Océane.



Capitulations de Santa Fe

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17 avril 1492, Santa Fe de la Vega de Granada.

Les Capitulations de Santa Fe sont uniques et irremplaçables : elles représentent le fondement et le point de départ historiques de la présence espagnole en Amérique.

L'original des Capitulations de Santa Fe est la trace documentaire de l'idée de Christophe Colomb de rallier les Indes par le sud-ouest. Ce projet allait être traité comme une exploration parmi d'autres de quelques îles, poussée cette fois plus à l'ouest que jamais auparavant. Les différentes interprétations historiographiques qu'ont si longtemps suscitées les Capitulations tiennent à l'incertitude des souverains quant à la possibilité d'un événement historique qu'en cette fin du XVe siècle il était difficile d'entrevoir, "… ya que desde tanto tiempo que el mundo ha comenzado no se ha descubierto la grandeza de la tierra y lo que en ella se contiene" [car depuis les temps éloignés du commencement du monde, nul n'a découvert l'étendue de la terre et ce qu'elle contient].[1]
[1] Americo Vespucio, parlant du Nouveau Monde, dans Viajes y documentos completos, Akal, Madrid, 1985, p. 69.


Les Capitulations de Santa Fe sont un document de la Chancellerie royale portant le texte de la convention que Christophe Colomb a signée avec les monarques Ferdinand II d'Aragon et Isabelle 1ère de Castille à Santa Fe de la Vega le 17 avril 1942, trois mois et demi après la prise de Grenade. Leurs articles énoncent les conditions auxquelles Colomb devait entreprendre son premier voyage, qui aboutit cette même année à la découverte de l'Amérique.


Articles convenus par la Couronne et Christophe Colomb concernant le voyage aux Indes projeté par ce dernier. Copie du Secrétaire, Juan de Coloma.

Capitulations de Santa Fe, page 1.

Capitulations de Santa Fe, page 2.

Ce document est enregistré dans le volume 9 de la série des Diversorum Sigilli Secreti (Cathalonie et Insularum), qui contient les duplicata des pragmatiques, concordats et licences royaux établis sous le règne de Ferdinand II le Catholique. 2 feuillets ; 29 x 21,5 cm. Papier Barcelone. Archives de la Couronne d'Aragon, Chancellerie royale, Enregistrements, numéro 3569, folios 135v et 136-v. - Archives de la Couronne d'Aragon, Calle Almogávares, 77 - 08018 Barcelone.

Les Capitulations de Santa Fe sont sur support papier, et se présentent comme des folios reliés et incorporés dans le volume approprié du Registre de la Chancellerie royale sous le numéro 3569. Produit d'une pratique institutionnelle régie par des principes et des règles, elles sont annoncées dans la table des matières alphabétique dudit Registre sous le nom du requérant, "Christofori Colon", avec indication du numéro des feuillets constituant la référence initiale :"CXXXIIII". C'est à cet endroit que nous trouvons le document que le roi Ferdinand II d'Aragon et la reine Isabelle 1ère de Castille ont signé en faveur de Christophe Colomb, découvreur de l'Amérique. L'ampleur de cette découverte à venir étant encore insoupçonné, le document décrit ainsi l'objet de l'exploration des mers s'étendant à l'ouest : "perlas, piedras preciosas, oro, plata, specieria" [perles, pierres précieuses, or, argent, épices], mots qui dans la langue de l'époque désignaient les produits existant en abondance dans les Indes occidentales convoitées. Rien d'autre ne semble indiquer l'envergure de l'entreprise de Colomb.

Un préambule présente sobrement le projet du navigateur en ces termes :
"Las cosas suplicadas e que Vuestras Altezas dan e otorgan a don Cristóbal de Colon, en alguna satisfacion de lo que ha descubierto en las Mares Oceanes y del viage que agora, con la ayuda de Dios, ha de fazer por ellas en servicio de Vuestras Altezas, son las que siguen" [Les privilèges demandés par don Christophe Colomb et que Vos Altesses lui donnent et octroient en récompense de ce qu'il a découvert dans les mers océanes, et du voyage que, avec l'aide de Dieu, il s'apprête maintenant à faire pour elles au service de Vos Altesses, sont les suivants].
Cette introduction (purement indicative, sans effet juridique) annonce le départ d'une expédition. Elle explique que les monarques "dan et otorgan" [donnent et octroient] à Christophe Colomb pour ce qu'il "ha descubierto en las Mares Oceanes" [a découvert dans les mers océanes], autrement dit pour sa théorie, nautique et cosmographique, d'une route d'Est en Ouest qu'il a déduite de calculs nouveaux et inédits, et pour le "viage que agora, con la ayuda de Dios, ha de fazer por ellas" [voyage que, avec l'aide de Dieu, il s'apprête maintenant à faire pour elles].

Les Capitulations de Santa Fe présument l'existence de terres au milieu de l'Atlantique ; c'est dans le sauf-conduit que le but de l'exploration, à savoir parvenir "ad partes Indie", est mentionné pour la première fois.

Il est rare qu'un document annonce et régisse un événement qui sera perçu comme marquant la frontière entre le monde ancien et un nouveau continent, encore inexploré. La tradition médiévale des conquêtes à partir de la péninsule transparaît dès les premiers articles des capitulations, qui disposent que "Vuestras Altezas, como Senores que son de las dichas Mares Oceanas" [Vos Altesses, en tant que Seigneurs desdites mers océanes] nomment Colomb amiral des terres occupées par lui. À l'histoire du gouvernement par délégation de territoires comme la Sicile ou la Sardaigne pendant l'expansion du Royaume d'Aragon en Méditerranée vient s'ajouter l'expérience castillane, ce qui explique que Colomb est nommé Vice-Roi et Gouverneur général des terres d'outremer. Le régime des capitulations procède aussi de l'organisation castillane des explorations et de la colonisation des Canaries, et même de la tradition portugaise gouvernant les relations entre la Couronne et les expéditions commanditées par elle.

Le parrainage par le roi Ferdinand II et la reine Isabelle Ière de l'entreprise conduite par Christophe Colomb fait semble-t-il l'objet d'un simple pacte, les capitulations prenant acte des services qui vont être rendus. Il ne s'agit pas d'une concession gracieuse, mais d'une sorte de relation plus ou moins bilatérale (quoique contractuelle) puisque les libertés et gratifications (c'est-à-dire "las cosas suplicadas" [les privilèges demandés] par Colomb reçoivent l'agrément de la Couronne : "dan e otorgan" [donnent et octroient].

Il s'agit de droits accordés au découvreur et aux membres de l'expédition en cas de succès de l'entreprise, d'un accord féodal, par lequel une obligation est contractée entre des parties qui ne sont pas sur un pied d'égalité, car les monarques, "como Senores que son" [en tant que Seigneurs], sont supérieurs en droit au requérant. La concession de juridiction énoncée à l'article premier, "fazen dende agora al dicho don Christóval Colón su almirante en tadas aquellas Islas y Tierras Firmes ; que por su mano o industria se descubrieran o ganaran en las dichas Mares Oceanes para durante su vida" [font par la présente et à compter de ce jour de don Christophe Colomb leur amiral sur toutes les îles et terres fermes qui, par sa main ou son industrie, pourraient être découvertes ou conquises dans lesdits Océans pendant toute la durée de sa vie], confère à Christophe Colomb le titre d'amiral à vie, titre de surcroît héréditaire comme celui d'Alonso Enriquez, premier amiral de Castille, comme indiqué à l'article quatre : "Plaza a Sus Altezas, si pertenece al dicho officio de almirante segunt que lo tenia el dicho almirante don Alonso Enriquez, quondam, y los otros sus antecesores en sus districtos" [Il plaît à Leurs Altesses, car cela est conforme audit office d'amiral tel que l'exerçait feu l'Amiral don Alfonso Enriquez et ses prédécesseurs dans leurs juridictions].

Au titre d'amiral des mers océanes s'ajoutent ceux de "Visorey e Governador General en todas las dichas Tierras Firmes e Yslas, como dicho es, el descubriere o ganare en las dichas mares" [Vice-Roi et Gouverneur général sur toutes les terres fermes et îles susdites qu'il découvrirait ou conquerrait dans lesdites mers]. Les titres d'amiral et de gouverneur général, étaient tous deux pleinement valides à cette époque sous les Couronnes d'Aragon et de Castille, de sorte que le document nous renvoie là encore à un cadre institutionnel historiquement attesté.

Chacun des cinq articles présente la requête de Christophe Colomb, suivie de l'agrément royal, exprimé par la formule "Plaze a sus Altezas" [Il plaît à Leurs Altesses]. Une lettre d'octroi ou de don pouvait être révoquée. Les Capitulations de Santa Fe avaient, elles, pour objet d'établir l'instrument juridique qui permettrait à la Chancellerie de délivrer les titres conférés par le succès de l'expédition. En d'autres termes, l'autorisation faite à Colomb de se prévaloir de titres ou de droits était subordonnée à la bonne fin de l'expédition.

Qu'il s'agisse d'un arrangement, d'un pacte, d'un accord, d'une concession ou d'un contrat, le fait certain est que les Capitulations de Santa Fe allaient déterminer les relations entre l'organisateur de l'expédition et la Couronne. À cet égard, le document fixe la part revenant au requérant des bénéfices qui résulteront de la découverte ("haya e tome la dicha décima parte para si misma, et faga dello a su voluntad" [qu'il ait et prenne un dixième pour lui, et en use à sa guise], et le droit de conserver le huitième des profits commerciaux ("e que tambien haya e lieve del provecho la ochena parte de lo que resultare de la tal armada") [et recevra et prélèvera aussi le huitième du produit de cette flotte].
La "magna carta de la découverte" apparaît dans les registres de la Couronne d'Aragon. Les auteurs des Capitulations sont les monarques. Tous deux ont approuvé l'entreprise de Colomb de leur paraphe le 17 avril 1492.

Le bénéficiaire recevait une copie valant titre de droits et qui n'était connue que par cession ou copies.
Les articles, lettres d'introduction et créances ou sauf-conduits furent établis, rédigés, produits et enregistrés par Juan de Coloma, secrétaire de la Chancellerie, qui était chargé de délivrer les documents des capitulations de Vega de Granada et percevait à ce titre des droits de timbre. La Chancellerie de Catalogne et d'Aragon classa le registre, en particulier les feuillets 135v et 136v, dans le volume adéquat de la série des Diversorum Sigilli Secreti, intitulé Cathalonie et Insularum. Elle se conforma en cela à la procédure habituelle, qui voulait qu'il soit établie une copie de tous les documents - ordonnances, pragmatiques, concordats et licences - revêtus du sceau puis versés au registre pertinent, sous le contrôle du Pronotaire, chef des clercs royaux, en application des Ordinacions [ordonnances] de 1344.

Dès les premiers contacts avec de nouveaux territoires, la Couronne devait organiser le dispositif politique et la circulation et l'envoi de flottes marchandes.

Le commerce avec les Indes nécessitait l'établissement d'un circuit d'échanges le long de certaines routes maritimes, avec l'appui de navires de guerre et d'un réseau de ports. Les Capitulations de Santa Fe prévoyaient la découverte de tels territoires.

Publications reproduisant le document


  • Le document enregistré par la Chancellerie de Catalogne et d'Aragon est plus ou moins tombé dans l'oubli jusqu'en 1862, date à laquelle G. A. Bergenroth en a publié un extrait dans Calendar of letters, despatches and State papers relating to the Negotiations between England and Spain. Londres, 1862, tome L, pages CXXXIV-CXXXVI.
  • Les autres éditions sont la première compilation des œuvres de Bartolome de las Casas, Historia de las Indias par le marquis de Fuensanta del Valle y Jose Sancho Rayon, Madrid, M. Ginesta, 1875-1876, dans : Colección de documentos inéditos para la historia de España, tome LXII, chapitre XXXIII, pages. 251-253 ; Martin Fernandez de Nayarrete, Colección de viajes y descubrimientos que hicieron por mar los españoles desde fines del siglo XV, exte, précédé d'une étude, établi par Carlos Seco Serrano, Madrid, BAE, 1954 (mais la première édition a été publiée à Madrid en 1825);
  • Eduardo Ibarra Rodriguez, Don Fernando el Católico y el descubrimiento de América, Madrid, 1892, pages 137-152; également publié par Alejandro de la Torre y Velez, Don Fernando el Católico y el descubrimiento de América, Madrid, 1892.
  • Au siècle dernier, Luis Ulloa Cisneros, Historia universal. Novísimo estudio de la humanidad. Tomo VI: América Barcelone, Instituto Gallach, 1932;
  • R. Alejo-Diaz et Joaquin Gil, América y el Viejo Mundo, Buenos Aires, 1942.
  • Également les deux éditions et la copie célèbre par Bartolome de las Casas, Historia de las Indias, publié par Agustin Millares Carlo et précédé d'une étude par Lewis Hanke, Mexico, 1951, pages 172-173 et dans Obras escogidas de fray Bartolomé de las Casas. Texte, précédé d'une étude critique, établi par Juan Perez de Tudela, Madrid, 1957, pages 122-123. Transcription et traduction par Rafael Conde y Delgado de Molina de l'exemplaire conservé aux Archives de la Couronne d'Aragon, figurant dans la monographie sur les Capitulaciones del Almirante don Cristóbal Colón y salvoconductos para el descubrimiento del Nuevo Mundo, Ministère de l'éducation et de la science, Direction générale des archives et des bibliothèques, Madrid, 1970. Agustin Millares Carlo, Tratado de paleografía española, Espasa-Calpe, Madrid, 1983, vol.lII, feuillet 345.Y,
  • et enfin, Capitulaciones de Santa Fe, Gouvernement de la province de Grenade, 1989, transcription et traduction par Rafael Conde y Delgado Molina. Précédé d'une étude par Miguel Molina Martinez, avec traductions en anglais, français, italien et allemand.


Sources des informations : UNESCO - Memory of the World

Henri Leroy

.....

Vol de documents à la Bibliothèque Nationale Espagnole


Deux exemplaires de la Cosmographie de Ptolémée, édition de 1482, ont été volés à la Bibliothèque Nationale Espagnole. www.bne.es

Notre Association à reçu d'un de ses corrspondants en Espagne une information concernant ce vol, dès sa publication le 24 aout 2007. Une information à été transmise à plusieurs amis libraires en France.


Sources d'information :
On peut aussi prendre contact en France avec le Slam, l'Association des Amis des Nouvelles du Livre Ancien (AANLA) , La BNF.

A propos de ce document :
Según explica la directora del Departamento de Cartografía y Artes Gráficas de la Real Academia de la Historia, Carmen Manso, en su obra "La Cosmografía de Ptolomeo en la Real Academia de la Historia y su relación con Cristóbal Colón", de este tratado se hicieron cinco ediciones incunables, la primera de ellas en Vicenza, en 1475, pero sin mapas; la segunda, y primera con mapas, en Bolonia en 1477, y la tercera en Roma, en 1478.

Jean-Michel Urvoy


vendredi 24 août 2007

Édit général sur l'expulsion des Juifs d'Aragon et de Castille.


Le 31 mars 1492, les Rois Catholiques publient un décret d'expulsion de tous les juifs vivant sur les territoires de Castille et d'Aragon.

Ce décret provoqua la fuite d'un trés grand nombres d'érudits juifs qui vivaient sur les terres administrées par les Rois Catholiques, ils seront nombreux à trouver refuge au Portugal voisin.

Un grand nombre de juifs partiront vers l'Afrique du Nord, certains autres dans le sud de la France : particulierement dans la région d'Arles et d'Avignon.


Début du décret.

Traduction du décret (extrait) :

Le texte commence par le nom des souverains et leurs titres, ce n'est pas la partie la plus importante du texte.

.../...

«Dans notre royaume, il y a un assez grand nombre de mauvais chrétiens qui judaïsent et dévient de notre sainte religion catholique, fait dù essentiellement aux relations que les Juifs entretiennent avec les chrétiens. Pour maîtriser ce mal, nous avons décidé avec les Cortes, réunis à Tolède en 1480, d'isoler les Juifs et de leur assigner des lieux de résidence délimités. Nous avons également introduit l'Inquisition dans notre royaume. Celui-ci œuvre déjà depuis douze ans et a puni justement un grand nombre de coupables. D'après le rapport que nous ont fait les inquisiteurs, il est certain que le contact des chrétiens avec les Juifs est extrêmement nuisible. Les Juifs s'efforcent de les (les familles marranes) induire en tentation en leur mettant des livres de prières juifs entre les mains, en leur signalant les jours de jeûne, en leur procurant du pain azyme (mazzoth) pour Pâques, en leur indiquant quelles sont les nourritures permises ou défendues et, d'une manière générale, en essayant de les convaincre d'observer la loi de Moïse. Tout cela conduit inévitablement au bouleversement et à l'affaiblissement de notre sainte religion catholique. C'est pourquoi nous sommes parvenus à la conclusion que, pour parer à ce mal, le moyen le plus efficace était d'interdire formellement tous rapports entre Juifs et chrétiens. Cela ne peut être obtenu qu'en les chassant de notre royaume. Nous nous sommes d'abord limités à les expulser des villes d'Andalousie, où les dommages qu'ils causaient étaient les plus grands. Toutefois, ni ces mesures, ni les justes condamnations prononcées contre les Juifs qui péchaient contre notre sainte religion n'ont pu remédier au mal... C'est pourquoi nous avons décidé de chasser pour toujours les Juifs des deux sexes hors des frontières de notre royaume. Nous décrétons que tous les Juifs vivant dans notre royaume, sans distinction d'âge ni de sexe, doivent quitter nos terres à la fin du mois de juillet de cette année au plus tard avec leurs fils, leurs filles et leurs domestiques juifs, et nous leur défendons de s'établir de nouveau dans le pays, de le traverser ou d'y pénétrer pour une raison quelconque. Les contrevenants à cet ordre seront condamnés sommairement à la peine de mort et à la confiscation de ses biens au profit du Trésor royal. Cependant, pour permettre aux Juifs de régler leurs affaires et de disposer de leur fortune pendant le délai accordé, nous leur assurons notre protection royale ainsi que la sécurité de leur vie et de leurs biens afin qu'ils puissent vivre en paix jusqu'à fin juillet, vendre, échanger ou donner à leur gré leurs propriétés mobilières ou immobilières. Nous leur permettons, en outre, d'exporter, par la voie des mers ou de la terre, tous leurs biens du royaume, à l'exception de l'or, de l'argent et des pièces d'or et d'autres articles généralement interdits à l'exportation"... /...

Fait en notre ville de Grenade, le 31 mars .../... 1492.

Moi le roi. Moi la Reine.

Moi Juan de Coloma, secrétaire du roi et de la reine nos seigneurs, le fit écrire sur leur ordre.

Fin du décret et signatures.

(Le cachet d'archives est presque invisible).

Notes importantes :

Cette interdiction durera jusqu'à la fin du XIXe siècle.

  • Ce n’est que le 5 juin 1869, qu’elle fut levée par un article de la nouvelle constitution espagnole. Mais, si cet article existait, en revanche, le décret d’application correspondant n’existait pas.
  • Ce n’est qu’en 1927, qu’un décret autorisa les juifs pouvant prouver de leurs origines à prendre la nationalité espagnole.
  • Le 14 décembre 1968, le gouvernement espagnol publia un document qui accordait des facilités aux communautés juives d’Espagne.
  • C’est dans le document de 1968 que se trouve expressément mentionnée l’annulation du décret d’expulsion des juifs, du 31 mars 1492.
Nous avons mis en ligne ce texte peu connu parce qu'il ne se trouve pas sur le web.

Chacun des évêchés reçut un exemplaire de ce décret. On peut donc trouver des variantes d'une copie à une autre parmi celles qui ont été publiés. La différence entre deux copies n'en fait pas pour cela des faux documents...

On trouve un détail amusant :

Le texte est signé par Juan de Coloma (presque homonyme de Colomb), le même qui redigera pour les Rois Catholiques, quelques jours plus tard, le texte du "'Contrat de Santa Fe" (je n'aime pas l'expression "Capitulations" de Santa Fé qui sonne comme un contre sens en français). Coloma signera le "Contrat" le 17 avril 1492 pour les Rois.

Les deux signatures de Juan de Coloma ne sont pas indentiques ...

Signature de Juan de Coloma sur le texte de l'Edit d'expulsion des juifs.

Signature de Juan de Coloma sur le texte du Contrat de Santa Fé.

Ces deux documents n'ont été contesté par personne et ils n'ont jamais été déclarés faux.


Henri Leroy,
Seville, Cordoue, 2007.

Ceux qui oublient le passé se condamnent à le revivre...
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jeudi 23 août 2007

Un nouveau Colongate ?

Durant quelque temps un sujet a fait frissonner Internet.

Un Chinois aurait découvert l'Amérique avant Christophe Colomb.

Cette étrange rumeur n'est pas une nouveauté. Nous n'en sommes plus à un canular prés. Mais, les arguments présentés pour l'étayer ne manquent pas de nous rappeler l'histoire de la carte du Vinland.Des anthropologues américains ont déjà démontré la possibilité que les chinois soient venus en Amérique depuis un bon moment. Ils ont fait cette découverte en faisant des comparaisons entre les coutumes des tribus indiennes de la Côte Est des États-unis et des rituels ancestraux, dans plusieurs parties de la Chine. J'ai étudié ce sujet, il y a plusieurs années, avec des universitaires, en effectuant des recherches aux États-unis sur un autre thème.

Les européens ont une fâcheuse manie : ils regardent l'Amérique toujours dans la même direction, de la droite vers la gauche, en suivant la course la course du soleil. Ils regardent depuis l'Europe, vers la Côte Est de l'Amérique, mais ils oublient de regarder depuis l'Asie vers la Côte Ouest de l'Amérique. Il y avait d'autres civilisations avancées dans le monde à plusieurs époques. Les compétences des marins asiatiques nous sont seulement peu connues. Certains en ont profité pour réécrire l'histoire.

Ce qui est nouveau dans l'histoire qui se présente aujourd'hui, c'est qu'une nouvelle preuve soit mise à jour pour authentifier une information anachronique. En effet, ce n'est pas soixante ou soixante-dix ans, mais plusieurs centaines d'années, voire peut-être mille ans avant Colomb que des chinois seraient venus en Amérique pour la première fois en bateau.

De plus, tout le monde sait que le continent américain a été peuplé par des populations qui ont traversé le Détroit de Behring, à pieds, durant les périodes de glaciation. Ces populations venaient d'Asie. Il pourrait bien y avoir parmi elles des individus originaires des régions de l'actuelle Chine. Au cours de la dernière époque glaciaire (entre 80 000 et 12 000 ans avant notre ère), la plus grande partie de l'Amérique du Nord est recouverte de glace. Avec une telle quantité d'eau qui se solidifie sur terre, le niveau de la mer baisse. Cette diminution du niveau de l'eau fait apparaître une parcelle de terre qui unit l'Amérique du Nord à l'Asie, formant une voie terrestre. Les différentes vagues de peuplement se sont établies sur le continent américain en divers endroits. Si ces gens sont arrivés, pourquoi certains ne seraient pas retournés d'où ils venaient ? Pourquoi personne ne serait reparti en sens inverse pour aller avertir ou informer ceux qui étaient restés au point de départ ? Tout le monde n'est pas né en chemin durant la migration. Où sont les preuves de ceci ? Justement il n'y en a pas. Personne n'a écrit ses mémoires après avoir fait la traversée du Détroit de Behring, il y a plus de dix mille ans. Les traces de civilisation dans cette partie du monde sont très anciennes. À l'arrivée des Européens, en Amérique du Nord, plus de 55 peuples différents sont déjà établis dans tout l'actuel Canada.

Certains scientifiques supposent qu'à différentes périodes, des échanges maritimes pourraient avoir existé entre la Cote Ouest des actuel États-unis et la Cote Est de la Chine ou du Japon, pas seulement à partir de 1400, mais bien longtemps avant. On trouve, sur ce sujet, de nombreuses informations, en langue anglaise, sur les serveurs des université américaines.


La carte de Liu Gang





La carte qui fait couler de l'encre....

Ce ne serait qu'en 2005 que Liu Gang aurait réalisé l'importance de son acquisition. Il s'en serait rendu compte après avoir pris connaissance de l'ouvrage "1421 : The Year China Discovered The World", écrit par Gavin Menzies. Menzies est un ancien officier de la marine britannique, à la retraite. Il a publié ce livre en 2003 qui a eu un grand succès. Ce livre est un best seller. Certes, mais le Da Vinci Code également, et cela n'en fait pas pour autant une preuve historique dans les domaines qu'il aborde.

Beaucoup de suppositions et peu de preuves.

Le livre de Menzies a été récemment traduit en chinois, puis réédité en langue anglaise, en mars 2004. Lorsqu'on cherche des informations sur cette affaire, on constate que c'est le seul document de référence cité.

Selon Menzies, c'est Zheng He (1371-1433 ou 35), (appelé aussi Cheng Ho) grand navigateur musulman chinois, commandant de la flotte des Ming, qui aurait découvert l'Australie, certaines parties de l'Afrique, l'Amérique, et il aurait même navigué jusqu'aux confins de l'Arctique. Selon d'autres, il aurait fait le tour du monde, il y a de cela 600 ans.

Si Menzies et Liu, sont convaincus de l'authenticité de la carte, des historiens et des chercheurs internationaux sont septiques et attendent les résultats d'un examen minutieux, concernant notamment la datation scientifique du document, poursuit le China Daily.

Pour ma part, je n'ai pas lu l'ouvrage de Menzies mais la première chose que je vais tenter de voir, est sur quelles preuves il s'appuie.

Il semble qu'il y aurait donc deux expertises a effectuer pour cette carte :

  • la première serait de vérifier que la carte en question est bien de 1763.
  • La deuxième serait de vérifier que la copie est bien réalisée d'après une carte de 1418 qui elle est vraisemblablement perdue.

Pour le professeur Mao Peiqi, vice-directeur du centre de recherches sur les voyages de Zheng He, de l'Université du peuple, la principale "faille" est la présence sur la carte de l'expression "rendre hommage" (à l'empereur), formée de deux caractères qui n'étaient pas utilisés à l'époque. Un peu comme l'encre de la carte du Vinland qui n'existait pas à l'époque où on a prétendu qu'elle a été dessinée. Il aurait ajouté que cette carte est fausse et aurait été fabriquée au cours des 20 dernières années. Selon lui elle ne correspond pas au savoir faire en usage à cette époque.

Les experts sont dubitatifs. Je veux dire les véritables experts, les universitaires. Attendons de connaître les résultats d'une éventuelle expertise avant de nous enthousiasmer pour cette nouvelle qui n'est pas si extraordinaire. Il semblerait qu'une analyse soit en cours dans une université de Nouvelle-Zélande. Le résultat devrait être connu en février. La seule chose que nous savons avec certitude est que nous ne savons pas tout et certainement pas grand choses sur certains événements lointains. Authentifier une carte ancienne est un travail d'expert. Notre association en connaît un. Nous l'avons consulté. Il va lui aussi dans le sens du doute.

Pour le moment on nous a fourni beaucoup de suppositions, beaucoup de probabilités et quelques théories. Il reste, à ceux qui ont diffusé cette information, à trouver les preuves et à les publier afin de nous convaincre car , "vu du fond du puits, le ciel est bien petit" (Proverbe chinois).


Quelle est la raison de tout ce remue méninges ?

Le six centième anniversaire de la première expédition de Zheng He a été célébré en 2005. Occasion rêvée pour les autorités chinoises de réveiller la torpeur en organisant plusieurs manifestations, afin de flatter la fibre nationaliste. Occasion pour certains de publier un livre sur un sujet méconnu en Occident.

En 2006, nous avons fété le cinquième centenaire de la mort de Christophe Colomb, c'était l'occasion rêvée de sortir des cartons tout ce qui n'a pas été publié en 1992.

Il faut vendre et faire vendre.

JM Urvoy.



Documentation

Notes :

(1) Il existe une ancienne mine de cuivre à Mamainse Point, en Ontario. Les Premières nations l'exploitaient 6 000 ans avant l'ère des pharaons d'Égypte.

(2) Réponse du Docteur van der Kroght
Faculty of Geosciences
University of Utrecht,
Postbus 80.115,
3508 TC UTRECHT, The Netherlands.

Ma question était :

Peter,
what do you think about the story of the chinese map ?
Possible or fake ?

Sa réponse immédiate fut :

"Please don't start with this... On MapHist, my mailing list on the history of cartography this topic is already debated for weeks now, 100s of messages (if you really want to no, check http://www.maphist.nl and go to archives. The alleged 1418 map is on its best a map drawn in 1763 after a modern European map, maybe with use of an original, but now lost, 1418 map. If so, it is unclear what he took from the 1418 map and what from his European model. Others think that the 1763/1418 map is a fake made in the 21st century."

Traduction :

"S'il vous plait, ne commencez pas avec cela... Sur Map Hist, ma liste de diffusion sur l'histoire de la cartographie, ce sujet est actuellement débattu depuis des semaines déjà (si vous voulez vraiment en savoir plus, jetez un œil à http://www.maphist.nl et allez à "archives". La carte dite de 1418 est au mieux une carte dessinée en 1763 d'après une carte européenne moderne, et peut-être avec un original aujourd'hui perdu, datant de 1418. Si tel est le cas, il reste à élucider ce qui a été pris à partir de la carte de 1418 et ce qui l’a été à partir de son modèle européen. D'autres personnes pensent que la carte 1763/1418 est un faux, fabriqué au 21ème siècle."
Traduction par Y.D. CNRS Paris.


Documents de référence :

Nous les cherchons, le même ouvrage revient en permanence :
  • Menzies, Gavin. "1421: The Year China Discovered America"; New York: William Morrow, 2002. xix, 552 p. ISBN 0060537639. (Autre edition : Bantam Classics, 409 pages, janvier 2003, reédition 1 mars 2004).
Deux articles sur le sujet publiés dans MAPFORUM, Issue 9, Spring 2006 :
  1. Liu Gang - "Zheng He: The Real Discoverer of the New World?", pp. 38-43.
  2. Geoff Wade - "The 'Liu/Menzies' World Map: A Critique", pp. 44-49.


Sites de référence sur ce sujet
:

Sur Gavin Menzies Sur Zheng He :

Divers
Mots-clés de recherche :
  • Si vous inscrivez "Zheng He" dans Google vous allez avoir des dizaines de réponses. Triez et recoupez les informations : ce sont souvent les mêmes.
  • Autres mots-clés :Hong Boa, Zhou Man, Zhou Wen, Yang Qing, Zheng He, Gavin Menzies, Mao Peiqi.
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La fausse carte du Vinland

vers 1960, une carte appelée "carte du Vinland", figurant l'Atlantique et des îles, fut montrée au public et largement commentée. Elle a été utilisée par certains pour démontrer ce que d'autres savaient déjà parce qu'ils avaient étudié l'histoire : les Vikings sont venus en Amérique avant Christophe Colomb. Un certain nombre de pseudo savants se sont alors engouffrés dans cette fuite (on ne peut pas parler d'une brèche....) et ont échafaudé, à partir de cette carte, des théories stupides qui ont passionné les crédules. Un article à sensation, de l'époque, a affirmé que le parchemin daterait de 1434, soit presque 60 ans avant la découverte du continent américain par Colomb.

La "carte du Vinland" a durant un moment, été considérée comme la preuve que les Vikings ont abordé en Amérique. Supposée avoir été dessinée au début du XVe siècle, soit plusieurs décennies avant Christophe Colomb, elle montre, à l'Ouest du Groenland, une grande île, légendée comme étant le "Vinland". Selon la légende, les Vikings auraient abordé sur cette terre aux environs de l'an 1000.

Découverte en 1957 dans une librairie à Genève, Suisse, puis acquise pour 1 million de dollars, vers 1960, par un mécène américain, nommé Paul Mellon, la carte fut offerte à l'Université Yale en 1965. Dés le début cette carte à suscité chez les scientifiques, la méfiance et le doute.

Plusieurs caractéristiques du document inquiétaient les scientifiques. Le chimiste britannique Robin Clark a montré que si le parchemin était authentique, la carte était fausse : une analyse de l’encre, utilisée pour dessiner la carte, montre la présence de pigments qui n'existaient pas avant le début du 20ème siècle. L’encre contenait de l’anatase (TiO2), la forme la moins connue de dioxyde de titanium. L’anatase n’a pu être synthétisée jusqu’aux alentours de 1920.




La fausse carte du Vinland.

Ce qui est étonnant est que cette carte n'a ni prédécesseur, ni successeur connus. Il n'existe aucune tradition de cartographie chez les anciens Scandinaves, pour cette période. Si les vikings avaient des connaissances maritimes, ils ne les ont pas transmises sur des documents, sauf pour de très petites zones, et de toute façon en aucun cas de cette façon.

Puis on a définitivement démontré que cette carte était un faux. Et le soufflé est retombé aussi vite qu'il est monté... Le faussaire à même été identifié. Il s'appelait Josef Fischer (1858-1944), il était jésuite. C'était un éminent historien cartographe...

Le Père Fischer, né en Allemagne, résidait en Autriche dans la première moitié du siècle dernier. Il était profondément choqué par les arrestations des prêtres catholiques à partir de 1933, époque où les nazis réécrivaient l'histoire allemande de façon à rapprocher les Germains des Vikings, dont ils admiraient la bravoure et la puissance physique.

Selon l'historienne Kirsten Seaver, en réaction à cette situation, le Père Fischer aurait dessiné cette carte pour que les nazis anticatholiques ne puissent contester l'influence précoce de l'Église catholique romaine sur le monde, sans nier, ipso facto, la découverte de l'Amérique par les Vikings. Ces derniers avaient, en effet, été progressivement christianisés entre 800 et l'an 1000.

Nous ne vous raconterons pas cette histoire dans son intégralité. Tout a été publié sur le web, (en anglais) et plusieurs ouvrages sérieux lui ont été consacrés, rédigés par des scientifiques et des universitaires.

Les preuves de l'imposture.

Elles se trouvent dans le document suivant :

  • "Analysis of Pigmentary Materials on the Vinland Map and Tartar Relation by Raman Microprobe Spectroscopy"

by Katherine L. Brown and Robin J. H. Clark
Christopher Ingold Laboratories, University College London, 20 Gordon Street, London WC1H 0AJ, U.K.
Published in Analytical Chemistry, August 2002.

CONCLUSIONS

The use of Raman microprobe spectrometry has conclusively identified the materials used in the construction of two significant historical documents, the Vinland Map and the Tartar Relation. Although the inks used for the Tartar Relation are entirely appropriate for the period of its construction, one of those used to draw the Vinland Map is not. The presence of a yellow line containing anatase, closely associated with a stable carbon ink, indicates that the VM is a modern forgery.

Traduction du texte ci-dessus :

L'utilisation de la micro-spectrométrie Raman a permis d'identifier de façon sure les matériaux mis en œuvre pour produire deux documents historiques d'importance, la carte du Vinland et les Récits Tartares. Quoique les encres utilisées dans les Récits Tartares soient en accord avec la période à laquelle ils ont été écrits, une de encres utilisées pour la carte du Vinland ne l'est pas. La présence [NDT: sur cette carte] d'une ligne jaune contenant de l'anatase, étroitement associée à une encre de Chine stable, indique que la carte du Vinland est un faux d'une époque moderne. (Traduction de Y.D. CNRS, France).

Entrez dans le moteur de recherches Google les mots : "vinland fausse carte" ou "vinland map" ou "vinland fake map", vous obtiendrez des dizaines de réponses.

Jean-Michel Urvoy - janvier 2006 - Aout 2007.

Documentation

Notes :

Anatase, Oxyde Quadratique de formule TiO2. Ce minéral appartient à la série polymorphe du rutile et se rencontre typiquement dans les fentes alpines, dans les gneiss et dans les schistes, généralement en octaèdres aigus ou plus rarement obtus; parfois tabulaires, rarement prismatiques. Les faces de l’octaèdre sont souvent striées horizontalement. Transparent à translucide. Éclat adamantin parfois presque métallique. Couleur variable, brun, bleu, indigo, noir avec reflet bleuâtre d’acier. Parfois verdâtre, lilas, jaune-brun. Poussière incolore. Les plus beaux cristaux proviennent de la vallée de Binn (Suisse), du Dauphiné et du mont Blanc.

Source : BRGM, Bureau de recherches géologiques et minières, Paris.

(1) Les vikings ont réellement abordé les cotes d'Amérique, mais les preuves se trouvent ailleurs. Cette carte n'est pas nécessaire pour le prouver... Il suffit de regarder le lieu appelé l'Anse-aux-Meadows, sur l'île de Terre-Neuve. Les fouilles réalisées entre 1961 et 1968 dans l'Anse-aux-Meadows, au nord de Terre-Neuve, attestent que les Vikings ont débarqué sur les côtes du Labrador en l'an 1000, soit cinq cents ans avant Christophe Colomb. Authentifié par la commission des lieux et monuments historiques du Canada, le site a été inscrit en 1978 au patrimoine mondial de l'Unesco.

Biographies des chercheurs (quelques uns) :

  • Brown, Katherine L., thésarde, Christopher Ingold Laboratories, University College London, 20 Gordon Street, London WC1H 0AJ, U.K.. Rédactrice du rapport final d'études publié dans Analytical Chemistry, August 2002.
  • Donahue, douglas, J., Université d’Arizona, a étudié le parchemin support de la carte.
  • Clark, Robin J. H., Docteur es Science,Christopher Ingold Laboratories, University College London, 20 Gordon Street, London WC1H 0AJ, U.K."The Raman results provide the first definitive proof that the map itself was drawn after 1923."
  • Harbottle, G., Brookhaven National Laboratory, Upton, New York.
  • Olin, Jacqueline S.: Centre Smithsonite de Recherche de Matériaux et d’Éducation. Ses arguments spéculatifs ont été rejetés par les autres chercheurs qui eux ont trouvé les preuves.
  • Ramsay, Sir William, professeur de Chimie au Collège Universitaire, Londres, Royaume Uni.
  • Towe, Kenneth M., Department of Paleobiology, Smithsonian Institution, Washington, D.C. 20560 Published in Accounts of Chemical Research, November 1990.[Dr. Towe retired as Senior Scientist in 1996].

Documents de référence :

  • Article de Christiane Galus, dans "Le Monde" daté du 14 août 2002.
  • Article en anglais, sur le site "MapHist" : "Vinland Re-read" by Paul Saenger (Newberry Library). A lire c'est écrit par un expert.
  • Analysis of pigmentary materials on the vinland map and tartar relation by Raman microprobe spectroscopy." Brown KL, & Clark RJ, Christopher Ingold Laboratories, University College London, UK.
Studies by Raman microprobe spectroscopy have shown that the blackink defining each feature on the controversial Vinland Map consists of carbon that overlays a yellow line containing anatase. Thismaterial was not detected elsewhere on the map. Since anatase hasnot been found on medieval artifacts, and such yellow lines are onlynaturally produced by iron gallotannate inks, a modern (post 1923)origin for the Vinland Map is strongly indicated. The ink of theTartar Relation is different and probably consists of an iron gallotannate mixed with a small proportion of carbon. Therubrication is established to be vermilion.

The Vinland Map and the Tartar Relation
Alexander O. Vietor (Foreword), R.A. Skelton, Thomas E. Marston, George D. Painter (Introduction)
Hardcover 364 pages (March 21, 1996) Publisher: Yale University Press.
Language: English - ISBN: 0300065205.

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Les Vikings en Amérique du nord :

  • INGSTAD, Helge, "The discovery of Vinland", North, no.10, mars/avril 1963, p.17-20.

L'article de vulgarisation écrit par le responsable des fouilles archéologiques à L'Anse aux Meadows se veut un résumé de l'état des fouilles à ce moment. Ceci nous permet de comprendre les états d'âme de l'équipe archéologique par rapport à l'évolution des fouilles.
  • INGSTAD, Helge, "The norse discovery of America", Vol. 2, Oslo, Norwegian University Press, 1985, 573p.

Cette monographie est l'ouvrage de tout une vie. Effectivement, Ingstad y expose toutes ses trouvailles sur le site de L'Anse aux Meadows : sept ans d'excavation y sont décrites et interprétées en suivant le fil historique des événements de 1004.

Sites web sur ce sujet :

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