samedi 15 septembre 2007

La signature de Christophe Colomb déchiffrée : imposture ou réalité ?

....
Plusieurs ouvrages récents sur de "pseudo origines" de Colomb cherchent à nous présenter leurs textes comme des révélation exceptionnelles et de longues études de Bénédictin issues de travaux scientifiques.... Il s'agit dans beaucoup de cas d'une imposture éhontée. Les charlatans se sont contentés de ressortir des textes publiés depuis longtemps.

On a déja vu de nombreuses élucubrations. Afin de démontrer ces impostures voici, ci-dessous, un texte bien connu de ceux qui étudient l'histoire de Colomb et sa signature. Il s'agit d'un texte d'Eugène M. O. Dognée, un des premiers auteurs à avoir étudié la calligraphie de la signature de l'Amiral Colomb. Ce texte a été publié le 9 mars 1891... (vous lisez bien, en mille huit cent quatre vingt onze) ce n'est pas récent.

En revanche on attend toujours les preuves de la naissance de Colomb au Portugal... Ce canular pour attirer les touristes dans cette région où a été érigée une statue finira par bien être démasqué.

Voici le texte sur Colomb :

—303→ La signature de Christophe Colomb, dont on conserve de nombreux spécimens, pose une énigme aux historiens de l'immortel —304→ découvreur du nouveau monde. Le respect, dont les penseurs de presque tout l'univers entourent la grande figure du navigateur auquel la civilisation est redevable de l'une de ses plus importantes conquêtes, accroit, chaque jour, la portée du moindre détail relatif à sa personnalité et à son œuvre grandiose. Bon nombre de chercheurs se sont déjà efforcés d'expliquer les caractères nombreux, et encore mystérieux, que l'illustre marin apposait au bas de chacun de ses écrits. Malheureusement, tant de travaux sont restés insuffisants: nous ne possédons aucune interprétation complète de valeur concluante. Les investigations qui ont trait à l'histoire, sont cependant devenues, de nos jours, plus curieuses que par le passé. Avec les faits on prétend dévoiler les héros. Non seulement la science exige la solution de toute question soulevée par les documents, mais les recherches embrassent une plus vaste étendue du domaine historique. En même temps que la traduction intégrale des signes tracés par Colomb, l'esprit moderne réclame des éclaircissements sur les lieux où il trouva les éléments de son étrange signature, la date à laquelle il l'adopta, les idées dirigeantes dont l'empire inspira ce type inusité de calligraphie. La question de date première, de nature à élucider le problème et à nous révéler l'état d'âme de celui qui choisissait une forme si originale pour signer ses écrits, demeure irrésolue. Les recherches que l'on active et que l'on dirige savamment dans tous les pays où passa Colomb, promettent, dans un avenir prochain, des renseignements inconnus sur le mode dont signait l'illustre Génois, durant la période obscure de sa glorieuse existence. L'Italie a annoncé, à l'Europe savante, la publication de la Raccolta Colombiana, —305→ pour le quatrième anniversaire de la découverte du nouveau monde. Pour mener à bonne fin cette louable entreprise, elle compulse les archives officielles et particulières. Dans le royaume d'Italie, les actes des notaires, déjà fructueusement inventoriés à Gènes, «où naquit et vécut Colomb» ainsi qu'il l'affirme dans son testament, sont minutieusement explorés à Savone et ailleurs.
A Pavie, où les historiens disent que le futur amiral de l'Océan s'assit sur les bancs universitaires, quelqu'écrit, souscrit durant ses années de jeunesse studieuse, peut se révéler; soit dans les Registres jusqu'à présent muets sur l'étudiant, soit par la découverte d'un de ces «Album Amicorum» déjà usités au XVe siècle, où, sur chaque page, un camarade apposait, en gage de bon souvenir et témoignage d'affection, ses armoiries, un dessin enluminé, une devise, quelque combinaison symbolique devenue souvent inintelligible, une simple signature enjolivée par les écarts de plume les plus fantaisistes selon la mode du temps. En Portugal, les fureteurs n'ont pas encore secoué toute la poussière des vieilles fardes de paperasses parlant de la grande époque des découvertes géographiques. A Lisbonne, que Colomb habita et où il contracta son mariage, il a dû laisser de nombreux écrits; comme il y acheva, affirme-t-on, les cartes marines et les copies soignées de manuscrits qui furent, durant une partie de sa vie, sa principale ressource. Aux îles alors connues de l'Océan, où il résida, à Porto Santo, reste l'espérance d'une heureuse trouvaille. En Espagne enfin, où l'on n'a jamais cessé d'explorer opiniâtrement, et avec fruit, tant de trésors diplomatiques éclairant la grande épopée du XVe siècle, l'époque du séjour de Colomb au monastère de la Rabida et chez ses protecteurs, garde sans doute des traces des missives officielles par lesquelles le marin offrait ses services, des débris de la correspondance amicale dont chaque feuillet équivaudrait à un joyau précieux.

En attendant que tout doute soit dissipé quant à la date de l'apparition de la signature qui se dresse devant nous comme —306→ une équation à nombreuses inconnues, et que l'on puisse fixer la chronologie complète des documents similaires, nous n'avons sous les yeux que des répétitions, peu variées, toutes postérieures á la réussite des audacieux projets du grand navigateur. L'étude réfléchie de ces autographes semble permettre de proposer une explication acceptable de la signature colombienne. Les utiles renseignements qu'ont consacrés à la question les doctes annotateurs des pièces les plus marquantes des célèbres archives de Séville, les deux fac-simile et la note raisonnée que nous avons pu consulter dans la superbe édition des Cartas de Indias, la fidèle reproduction de lettres de Colomb, pieusement conservées à Gènes, qu'a publiée M. Harrisse, nous ont puissamment aidé à achever ce travail, provoqué par le don amical du savant ouvrage de M. Fabié sur la vie et les écrits du P. de Las Casas.

Les personnes les moins versées en examens paléographiques, reconnaitront sans peine, rien qu'à première vue du second document publié dans les Cartas de Indias, que la même main a tracé le corps de l'écrit et l'ensemble combiné qui sert de signature. L'écriture du grand navigateur, si haut prisée par Ferdinand Colon, fils et biographe de l'amiral, nous disant qu'elle pouvait suffire à lui assurer l'existence, sera popularisée par la publication italienne de la Raccolta Colombiana. Elle nous est déjà assez connue pour que l'on soit certain de retrouver, bien tracés de sa propre main, tous les signes nombreux formant la signature de l'immortel navigateur, telle qu'il la conserva jusqu'au jour de son décès. Christophe Colomb, devenu en Espagne don Cristoval Colon, signait généralement au moyen d'un ensemble calligraphique disposé sur quatre lignes. La première no se compose que d'une seule majuscule S, précédée et suivie d'un point (.) ainsi que s'achêvent les sigles de l'épigraphie monumentale ou numismatique. —307→ La seconde ligne, que domine, au centre, le premier sigle, fait se succéder les trois lettres S, A, S, toutes aussi en majuscules, et suivies, chacune, d'un point abbréviatif. A la troisième ligne paraissent, symétriquement au dessous de la seconde ligne, trois nouvelles lettres X M Y, encore en majuscules, mais sans ponctuation. Enfin, la dernière ligne, précédée parfois de deux points superposés (:), jetés en dehors de l'ensemble, porte XroFERENS. Un point termine la signature. La première lettre de la ligne inférieure X est une majuscule; les deus suivantes, dont la première n'est intelligible que par l'alphabet grec (r) sont des minuscules, FERENS est entièrement écrit en majuscules. Un prolongement cursif du haut de la seconde branche del' X a été reconnue comme trait d'abbréviation par Washington Irving, moins inexact que ses devanciers, quant à la ponctuation et l'emploi des majuscules. Les annotateurs des Cartas de Indias qui ont étudié minutieusement les quinze lettres de Colomb copiées, un peu rapidement peut-être, par l'érudit Navarrète, dans l'archive du duc de Veragua, héritier du nom, des titres, des papiers de l'amiral de l'Océan, ajoutent que si, dans les missives officielles, adressées aus Rois Catholiques, Colomb se bornait à prolonger horizontalement le haut du second bras de l' X précédant ro, dans ses lettres familières il séparait et allongeait ce trait abbréviatif au dessus des deux minuscules; montrant ainsi, selon la forme adoptée à son époque, que celles-ci étaient incomplètes, même avec la majuscule initiale. Cette jonction des trois premières lettres prouve qu'elles doivent être prises toutes dans le même alphabet. Nous avons donc un X grec et un omicron (o) et non des lettres de pareille forme appartenant à une autre langue. Après le point final, un peu en dehors à gauche, un trait diagonal, analogue à un paraphe rudimentaire, clôt tout l'ensemble écrit. Enfin, mentionnons, pour être complet au sujet des détails extrinsèques, que, sur les pièces olographes, les annotateurs des Cartas de Indias ont relevé une rubrique. Nous la voyons sur le côté droit de la seconde lettre qu'ils ont fait photographier, en avant de la signature; précisément à l'endroit correspondant au locus sigilli bien connu des déchiffreurs d'anciens textes: chartes, brefs, patentes, missives. Il nous a paru, en étudiant l'écriture —308→ de Colomb, y reconnaître un (S) cursif, tracé élégamment dans le goût des paraphes usités au XVe siècle, surtout par les scribes officiels. Élaguant les traits extérieurs, notés en passant dans le cours de notre description sommaire, mais tenant compte de la ponctuation, utile au déchiffrement, la signature se présente sous l'aspect suivant:

· S .
S. A. S.
X M Y
: X roFERENS.

Après ce relevé descriptif de L'hiéroglyphe à interpréter, afin de donner à notre étude une marche méthodique, en procédant du connu à l'inconnu, nous diviserons le groupe qui sous occupe d'après les facilités qu'il offre à la traduction. Nous déterminerons d'abord la ligne inférieure X ro FERENS, puis nous occuperons de la troisième où reparait la même initiale qu'à la ligne du bas. Nous remonterons ensuite aux deux lignes supérieures que la triple répétition de la même lettre (S) semble indiquer comme un ensemble, marqué de points omis à la troisième ligne. Enfin nous terminerons notre examen par des observations sur la disposition générale de la signature.
§ 1.

: X roFERENS.

Relevant des variantes exceptionnelles sur des pièces d'une authenticité incontestable, les annotateurs des Cartas de Indias démontrent que la quatrième ligne de l'ensemble calligraphique que nous cherchons à lire est indépendante des trois autres. Les deux points jetés en avant, signe grammatical destiné toujours à appeler l'attention, indiquaient déjà une partie spéciale, importante. En outre, sur des missives officielles où Colomb agit en vertu des pouvoirs que lui out conférés les Rois Catholiques, après la reproduction identique des sept lettres formant les trois —309→ lignes supérieures, on lit, sur un document: VIREY (vice-roi); sur un autre: El almirante (l'amiral). Ces deux variantes prouvent que le groupe de lettres grecques et latines, correspond à lui seul, à Colomb lui-même, élevé par patente royale aux fonctions d'amiral de l'Océan, et à la dignité de Vice-Roi des pays qu'il donnait à l'Espagne. La ligne inférieure de la signature désigne sa personnalité. Il l'a encore prouvé en signant, probablement déjà malade, une lettre amicale du 25 février 1505, où, supprimant tous les sigles, il se borne à tracer:

. X ro Ferens.

Le mot forgé de lettres grecques et latines, indique donc celui dont aucune initiale ne correspond au nom de famille; soit sous sa forme italienne originaire: Colombo, soit tel que l'illustra l'amiral lorsqu'il fut naturalisé espagnol: Colon. On reconnait sans peine dans le barbarisme gréco-latin une transcription cherchée du prénom du grand navigateur: Christophe; en italien, Cristoforo; en espagnol, Cristoval; en latin, Christophorus. Spotorno suggère qu'il reçut ce nom de baptème d'un parent appelé Christophe Colomb qu'un acte notarié prouve avoir existé à Gènes en 1440. Suivant les usages des savants de son époque, l'amiral, dérogeant à la grammaire latine at aux lexiques, a recomposé son nom en le scindant en deux parties distinctes, et en modifiant le membre final, d'après l'étymologie qui rappelait la légende de son patron. Les lettres grecques Xro, avec le signe d'abbréviation (-) correspondent à Xristo partie du nom sacré Xristo/j, tout-à-fait comme le monogramme révéré , que l'éminent M. de Rossi a relevé sur des épitaphes chrétiennes remontant, peut-être, à l'an 261 de notre ère, certainement de l'an 2918, puis se reproduisant à profusion. Tous les archéologues savent que, postérieurement, ce monogramme que, dit-on, Constantin vit dans un songe prophétique, fut, après la victoire remportée sur Maxence, tracé —310→ sur les étendards, les boucliers, des soldats de l'empereur se déclarant chrétien. Aux études nombreuses et circonstanciées sur le Labarum, les antiquaires ont ajouté une multitude de dissertations relatives au motif iconographique qui devint sujet favori de l'ornementation d'objets qu'il caractérisait quant aux croyances de leurs propriétaires. La longue note, insérée à la suite du recueil douteux d'inscriptions que publia Gudius, relate les anciennes études qui se continuent encore de nos jours. Nous rappellerons aussi l'édition donnée par Beger des recherches de Bartoli et de Bellori sur les lampes funéraires; où une série de planches montrent des lampes en bronze et en terre-cuite portant le monogramme traditionnel du Christ. Semblables images furent partout innombrables. «On s'entourait du nom du Christ comme d'un rempart» écrit M. Le Blant, parlant d'ustensiles domestiques: cuillères, mesures, poids; lampes, anneaux, vases à boire, cure-dents, ornés du X et du P entrecroisés. Colomb reprend une forme plus explicite que le monogramme du Labarum, et même que l'abbréviation première X P, par l'addition de l'omicron (o). Cette transcription porte à supposser que c'est en Espagne qu'une inscription de ce genre frappa les yeux et se grava dans la mémoire du grand navigateur. M. de Rossi a, en effet, constaté dans l'antique Ibérie, une préference pour la leçon XPO, sur le monogramme plus fréquent en Italie où l'accompagnent l'alpha (a) et l'ôméga (w) symboliques. Le groupe des trois lettres grecques, avec le signe abbréviatif remplaçant isto, nous révèle que l'ancien étudiant de Pavie, auquel tous ses biographes accordent une connaissance assez approfondie du latin pour lire courament les ouvrages qu'il consulta afin de préciser et d'étager ses vues hardies sur la navigation, recopier, sur les marges de l'un de ses livres favoris, la lettre écrite en langue savante du temps par Toscanelli, s'initia aussi aux arcanes —311→ de l'idiôme hellénique. De même que le grec a laissé quelques mots dans la liturgie catholique: amen, kyrie eleïson, etc.; il fut mis à contribution par le docte marin afin de faciliter la réunion d'idées qu'il condensa dans sa signature. Au nom grec du Sauveur, dont il imposa l'appellation vulgaire à la première terre qu'il découvrit le soir du 11 octobre 1492, Colomb ajoute le participe FERENS traduction latine du sens fourni par le second membre de son prénom. PHORUS le faisait remonter à Fe/rw. Ces fantaisies scolastiques dévoilent un mobile. Sans admettre, comme M. Roselly de Lorgues, que le prénom, alors fort répandu en Ligurie, que reçut Colomb, établisse une mission providentielle en faveur de celui qui porta la foi au Christ dans un hémisphère jusqu'alors inconnu12, jugeant sagement comme le dit M. Colmeiro, que les études historiques ne peuvent s'élever au dessus des chosses terrestres, mais repoussant plus énergiquement la légende proposée par M. Goodrich, prétendant qu'un pirate grec usurpa le nom de Christophe pour se concilier l'appui d'Isabelle-la-Catholique et des prélats qui la conseillaient14, nous devons, pour éclaircir notre sujet, admettre que Colomb, par son barbarisme voulu, affirmait une corrélation entre son nom de baptême et le principal mobile de sa grande entreprisse: l'esprit de prosélytisme dont il parle, plusieurs fois, dans ses écrits.
La légende de St Christophe qu'une gravure sur bois avait popularisée dès 1423, lui était familière et chère: il se plaisait à se prévaloir de la coïncidence qui la faisait sienne. Ses amis le suivirent dans cette voie. Lorsque, sur l'ordre de la Reine, et du vivant de l'amiral (1500) le cartographe Jean de la Cosa dessina sa superbe carte du nouveau monde, l'ancien pilote de Colomb, ainsi qu'il signait ses portulans, mit au haut de la —312→ feuille l'image consacrée de St Christophe. On a même prétendu que les traits de Colomb avaient été rappelés par le géographe qui l'avait accompagné dans l'une de ses glorieuses traversées de l'Atlantique. Nous serions enclin à supposer qu'en décomposant toujours son prénom en deux parties distinctes, afin de placer, en quelque sorte, en vedette, les caractères grecs indiquant le nom du Christ, Colomb se rappelait tant d'images de l'iconographie et de l'épigraphie chrétiennes, propres à exprimer son nom de famille. Ce nom, en italien comme en espagnol, signifie l'oiseau que le symbolisme chrétien, né de traditions helléniques, place volontiers auprès de la figuration du nom du Christ. La colombe de l'arche, identifiée mystiquement avec le St Esprit apparaisant au baptême de Jésus, devint, dans la symbolique chrétienne, la compagne de la croix ou du monogramme sur beaucoup d'inscriptions, surtout en Espagne et grand nombre d'objets. Si cette hypothèse était fondée, le nom Colomb, voltigeant autour de la signature, se poserait mystérieusement près de X ro FERENS. Nous n'hésitons nullement à faire appel à l'épigraphie monumentale des premiers chrétiens pour expliquer le choix des signes tracés par Colomb: à son époque on s'occupait activement, en Italie du moins, de relever et de déchiffrer toutes les pierres gravées, généralement sépulcrales. Le tribun Rienzi (Cola di Rienzo), nous enseigne M. de Rossi, avait commencé ces études de 1344 à 1347 mêlant antiquité et moyen-âge. Elles avaient été reprises, vers 1391, par le chartreux Reginald Teutonius, dont parle, dit encore M. de Rossi, un anonyme espagnol qui écrivit entre 1566 et 1567. Au XVe siècle, en pleine Renaissance des études, parut Petrus Sabinus, dont un recueil d'inscriptions fut possédé par le roi de France Charles VIII. En étudiant à Pavie, en —313→ perfectionnant ses connaissances lorsqu'il eut cessé sa première carrière maritime, Colomb, dont tout affirme l'esprit sagace et curieux, a pu s'initier à ces trouvailles, y intéreser sa pensée pieuse, puis s'en rappeler lorsqu'il combina sa curieuse signature, bien empreinte du désir d'étaler son savoir.§ 2.


X M Y .

La ligne qui surmonte immédiatement le nom du grand navigateur, nous propose un thême plus ardu que la lecture de Christophe changé en Xristo FERENS. Bien qu'aucun point ne sépare les trois lettres X M Y, nous ne pouvons les réunir; car elles ne forment, en leur séquence, aucun mot d'une langue ancienne ou moderne. Tracées en majuscules, bien que celle du milieu semble amoindrie, forte est de les traiter comme des sigles ou initiales. Rien n'indique si elles sont grecques ou latines: la paléographie espagnole du XVe siècle gardant la forme de l'ipsilon Y pour le I, et X comme M étant lettres communes aux deux langues classiques que nous avons vu employer par Colomb. L'analogie parfaite de la première avec le X grec au dessus duquel nous la lisons, éveille de suite l'idée du mot Xristo/ Christ. Tous les commentateurs s'accordent sur ce point. La question de langue n'est point par là tranchée. Colomb a écrit XroFERENS, et au XVe siècle la lecture Xristus n'est pas insolite, surtout en Espagne. L'M, qui succède au mot Christ, a été de même reconnu pour l'initiale du nom de Mario la mère du Christ: MARIA ou MAPIA car rien ne décide encore quel alphabet l'on doit choisir. Cette interprétation même, géneralement admise, n'a point la justification de celle de la première lettre, fournie par la ligne du bas. Un texte, décisif selon nous pour la question qui nous occupe, va lever les difficultés et résoudre les doutes. Signalé déjà par Spotorno, qui n'a pu s'en servir20, il a été publié de nouveau, —314→ dans un autre but, par le savant M. Fabié, dans une dissertation comprise dans sa belle étude sur la vie et les ouvrages du P. de Las Casas. Afin de réfuter l'opinion émise par M. Harrisse, qui avait nié l'authenticité de la vie de Christophe Colomb, écrite par son fils Ferdinand, M. Fabié met en regard, des extraits de la publication en italien, imprimée à Venise en 1571 par Ulloa, et des fragments de l'œuvre originale qu'il a reconnus dans l'Histoire générale de Las Casas, restée manuscrite jusqu'à une date fort récente. Les versions transcrites dans l'Histoire générale des Indes, d'après l'original perdu du livre de Ferdinand Colon, sont la traduction, presque textuelle, du texte édité par Ulloa. On ne peut plus douter que la Vie de l'amiral ne soit l'œuvre de son fils. Les lacunes et les erreurs de détails qu'a signalées M. Harrisse égaré par ces imperfections, s'expliquent par l'incorrection du traducteur italien et la façon dont le manuscrit original arriva en sa possession. Le passage important pour la question que nous étudions, ne prête à aucune critique puisque Las Casas l'avait transcrit presque textuellement, et qu'en outre il confirme, par une assertion personelle, ce que rapportait Ferdinand Colon. Nous lisons dans la version d'Ulloa, que, selon son biographe le plus autorisé, Christophe Colomb ne prenait jamais la plume sans écrire ces paroles: «Jesus cum Maria, sit nobis in via». (Jésus, avec Marie, précédez-moi.) Le texte est précis: «Et si alcuna cosa haveva da scrivere, non provava la penna senza primer scrivere queste parole, JESUS CUM MARIA sit nobis in via».


Source : "La signature de Christophe Colomb", Eugène M. O. Dognée, Liége, 9 mars 1891.

Ce texte est reproduit en entier sur une page de l'Institut Cervantes, et voici les carabistouilles de Afonso Pizzaro .

Pizzaro n'aime pas trop notre poil à gratter il nous a sérieusement assaisonnés à sa manière ! C'est grotesque. Il est tellement de mauvaise foi qu'il pique des texte sur notre site et prétend qu'on les lui envoyés. Voila comment travaillent les révisionnistes ! Et ce n'est pas le seul.

Fernand Surville.

....

Aucun commentaire: