samedi 3 novembre 2007

Guillaume de Caseneuve

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Parmi les personnages de l'histoire de Colomb il en est un peu connu qui mérite qu'on s'intéresse à lui. Il s'agit de Guillaume de Caseneuve; il est intéressant à plus d'un point.

Guillaume de Caseneuve était Amiral du roi de France Louis XI. Il est parfois nommé Casenove, dans des documents se rapportant à lui.

Il possède plusieurs surnoms trouvés sur des documents d'époque : "Coulomp", "Couloux", "Coulaux", "Coulouy", on connait aussi un document signé "Coupoy".

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Contrairement à ce qu'ont écrit certains auteurs mal documentés, Guillaume de Caseneuve n'est pas de noblesse normande ! Il est est de noblesse gasconne. Cette origine est reconnue par Ulloa (1) qui a pourtant accumulé un certain nombre d'erreurs dans son ouvrage rédigé en 1927. Plusieurs auteurs ont recopié ses erreurs sans même vérifier les sources qu'il cite, ils en ont recopié des passages entiers, tels quels.
D'autres ont aussi écrit que Caseneuve (ou Casenove) et Colomb seraient parents. Cette parenté n'a jamais été démontrée, bien au contraire....

Les origines exactes de Guillaume de Casenove ou de Cazenove ou de Caseneuve restent obscures. Immensi tremor Oceani est la devise de l’ordre de Saint Michel que Louis XI donnée à l’Ordre de Saint Michel. Guillaume de Casenove se l’est appropriée. Son lieu et sa date de naissance sont inconnues ainsi que le lieu de son décès probablement survenu vers 1483. On ne trouve pas ce qu’il est devenu. Guillaume de Casenove, dit Coulon ou Colomb, est un cadet de Gascogne. On ignore tout de ses origines et comment il fit la connaissance du dauphin qui deviendra Louis XI. Il était devenu seigneur de Gaillardbois, en Normandie parce qu'il avait épousé de la volonté du roi Louis XI Guillemette le Sec, dame de Gaillardbois & de Charleval, près de Rouen.

Caseneuve n'était pas normand. Le roi de France l'avait installé en Normandie après la reconquête de cette province prise aux anglais. Louis XI a favorisé son mariage avec Guillemette le Sec, dame de Gaillardbois en Normandie. Guillemette le Sec possédait plusieurs propriétés dans la région. Louis XI a installé son ami sur les nouveaux territoires conquis et lui confié la gestion de grandes forets qui ont servi aux constructions navales.

Charles de la Roncière qui fut directeur des Archives Nationales en France et écrivain de Marine, donne de nombreuses informations importantes dans un de ses ouvrages, publié en 1900. Combien l'ont-ils lu ? L'ouvrage de Charles de la Roncière est consultable à la bibliothèque du Musée de la Marine, à Paris, et dans plusieurs autres bibliothèques. Dans son ouvrage il indique :

"Le vice-amiral Guillaume de Casenove, dit "Coulon" et, dans les textes italiens "Colombo", eut tous les honneurs à son époque, et celui entre autres d'être confondu par un des plus grands savants du XVIIIe siècle, Leibniz, avec son homonyme Christophe Colomb".

Selon les documents qu'il signe ou qui le désignent en France, Caseneuve est surnommé "Coulomp", "Couloux", "Coulaux", "Couloy".

Caseneuve ne se souciait guère de l'orthographe de son surnom. Guillaume de Caseneuve était corsaire sur les cotes d'Espagne. C'était un marin redoutable et redouté de ses ennemis.

Caseneuve était bien connu à Gênes qui était l'alliée de Louis XI. C'est l'utilisation par les génois du surnom de Caseneuve (coulon), italianisé en Colombo, qui a induit en erreur de nombreux auteurs et fait penser que Guillaume de Caseneuve et l'Amiral de la Mer Océane étaient parents. Certaines personnes sont même allées plus loin et ont écrit que Colomb et Caseneuve étaient un seul et unique personnage. Ce qu'ils n'ont jamais réussi à prouver.




Caseneuve était vice-amiral de France, Maître des Eaux & Forets de Normandie et de Picardie. Il était aussi cadet de la maison de Casenove en Gascogne.

La juridiction des Eaux et Forêts est instituée dans le royaume au XIVe s. afin de contrôler, surveiller et juger toutes les activités liées à l’exploitation des bois et à la chasse et la pêche. L’organisation des Eaux et Forêts sera définitivement mise en place par l’ordonnance ou Code forestier de Colbert en août 1669. Cette juridiction d’exception est composée de trois niveaux.

Louis XI était très proche de Caseneuve qu'il a connut lorsqu'il qu'il était encore dauphin. Plus tard, le roi fréquentait la demeure Normande de son amiral, en toute simplicité, et y rencontrait d'autres marins et corsaires du Royaume de France, tels Georges le Grec, Bûrlart , Jean (Jehan) de Coëtanlem et de nombreux autres comparses.

On ne connait pas l'origine des surnoms de Caseneuve que certains attribuent à des emblèmes, mais on ne sait pas lesquels avec précision. Les hypothèses fourmillent, les preuves manquent.

On sait que certains des premiers vaisseaux de combat des Anglais furent copiés sur le modèle de sa nef tant le "Coulon" s'était rendu redoutable. La nef anglaise "le Régent", de 700 tonnes fut construite en 1486 sur le modèle de la nef française de Caseneuve. (Voir Spont, la Marine française sous le règne de Charles VII.)

Nous avons trouvé en France un autographe du Vice-amiral Guillaume de Caseneuve sur un document, il indique:

Nous, Guillaume de Casenove, dit Colonp, escuier d’escurie du Roy, notre Seigneur, Visadmiral de France, Maistre enquesteur et reformateur de ses eaux et forests en Normandie et Picardie…

Coullon

....Donné le XXIVe jour de janvier l’an mil cccc quatre vingt et ung.

brève chronologie normande

1315 - La Charte aux Normands

Confrontés aux révoltes, les rois de France sont contraints de reconnaitre la spécificité de la Normandie. Symbole des libertés locales, la Charte aux Normands restera en vigueur jusqu'au XVIIe siècle.

1415 - 1449 - La Guerre de Cent ans

La prise d'Harfleur en 1415 marque le début de la conquête menée par Henri V d'Angleterre. Par sa situation et son passé, la Normandie est un enjeu majeur de la Guerre de Cent ans. Rouen tombe aux mains des Anglais le 19 janvier 1419 après un siège épouvantable de six mois. En 1431, Jeanne d'Arc est jugée à Rouen comme hérétique et sorcière par un tribunal ecclésiastique présidé par l'évêque Cauchon. Elle y est brulée vive le 30 mai. Rendue à la France en 1449, la Normandie sort exsangue de la Guerre de Cent ans. Les derniers Anglais sont chassés de Dieppe en 1453.

Depuis 1449, la Normandie était devenue française. Après la reconquête de la Normandie sur les Anglais, le roi Louis XI a voulu l'occuper avec des personnes en qui il avait confiance. Louis XI était décidé à conserver cette région et fit ce qu'il fallait pour que les anglais n'y reviennent pas.


Notes :

Autres membres de la famille Caseneuve.


(1) Ulloa, "Christophe Colomb catalan", Paris 1927 - voir page 232.

On peut trouver de nombreuses informations sur ce personnage en s'adressant aux "Archives de Haute Normandie",

Les archives de Normandie conservent quelques documents très intéressants.

Diplôme en faveur de l’abbaye Saint Amand de Rouen donné à Pontoise en juin 1313 par Philippe IV le Bel (1285-1314).

Charte de Richard Coeur de Lion en faveur de l'abbaye de Bonport, 22 juin 1190.
Archives départementales de Seine-Maritime, série H.


Archives départementales de Seine-Maritime :

Hôtel du Département,
Quai Jean Moulin.
76101 Rouen cedex 1
Tél. : 02 35 03 54 95
Fax.: 02 35 03 56 89

archives departementales 76

Archives départementales de l'Eure :
2 rue de Verdun.
27025 Évreux Cedex.
tél : 02 32 31 50 84 ou 02 32 31 50 85
archives départementales 27


Note :

Grand-maitre des eaux et forêts de France :
L’établissement de l’office de Grand-maitre des eaux et forêts en France, a été fait pour conserver les bois du roi et empêcher les malversations et abus qui s’y commettaient. Comme c’était anciennement la plus belle et la plus considérable partie de son domaine, cette charge était très importante dans le temps qu’il n’y avait qu’un seul Grand-maître pour tout le royaume. Il est assez difficile de démêler pourquoi son autorité s’est étendue sur les eaux ainsi que sur les forêts, puisque rien ne paraît plus opposé. Pasquier dans ses recherches, livre 2, chapitre 14, sur la fin, dit après du Tillett, qu’en vieux langage français, le mot de forêt convenait aussi bien aux eaux qu’aux forêts : quoi qu’il en soit, le pouvoir des forestiers qui a passé aux maîtres et Grand-maître des eaux et forêts, s’étendait également sur les bois et sur les rivières. Cet office a été unique jusqu’au règne du roi Henri III qui destitua, en 1575, Henri Clausse, seigneur de Fleuri, de sa charge de Grand-maître des eaux et forêts de France, pour établir en sa place six maîtres généraux dans les provinces du royaume ; ce qui a été suivi de plusieurs augmentations et suppressions d’offices faites en différents temps. Dans la suite les eaux et forêts du royaume furent distribuées en dix-sept départements, qui furent autant de maîtrises dans chacune desquelles il y avait des Grands-maîtres anciens alternatifs et triennaux, créés par édit de 1689, 1703 et 1706.

d’après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816

Bibliographie.

  • Corvol, Andrée : "Les Eaux et Forêts du XIIe au XXe siècle", Paris, CNRS, 1987.
  • Guyotjeannin, Olivier et Potin, Yann :« La fabrique de la perpétuité : le trésor des chartes et les archives du royaume, XIIIe-XIXe s. », Revue de synthèse. Fabrique des archives, fabrique de l’histoire, 5e série, 2004, p. 15-44 (article suivi d’une bibliographie complète).
  • De Chartres, H. ; Rochelet, A. (pref.) : La vie de la foret normande a la fin du moyen age : le Coutumier d'Hector de Chartres-Tome I La Haute Normandie, Rouen : Société de l'Histoire de Normandie, 1984, 439 p.
Sur la noblesse française :

L’Armorial général de France ou Armorial d’Hozier, né d’un édit de 1696 portant obligation à tous les sujets du roi de faire enregistrer leurs armoiries, fait aujourd’hui fonction d’armorial quasi officiel de l’Ancien Régime. Il contient plus de 115000 armoiries familiales classées par provinces et 3000 armoiries de villes et communautés. Il regroupe trois séries de manuscrits :

Textes et blasons sont complémentaires. Ils sont classés par provinces puis par généralités.

Il existe deux tables imprimées pour les séries de textes et une table manuscrite pour la série des blasons :

  • PARIS, Louis, Indicateur du Grand armorial général de France : recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696, publ. sous la dir. de Louis Paris, Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1865.Document numérisé
  • ROBERT, Ulysse, Indicateur des armoiries des villes, bourgs, villages, monastères, communautés, corporations, etc. contenues dans l'Armorial général de d'Hozier, Paris, A. Picard, 1879 - Salle X - Ouvrages de référence par discipline [929.6 ROBE i].
  • Table des blasons coloriés de l’Armorial général de France

Cette table manuscrite en deux volumes reprend le classement des familles par province et généralité : il vaut donc mieux connaître l’origine géographique de la famille pour ne pas avoir à dépouiller l’ensemble des volumes.
Salle de références de Richelieu [929.609 44 HOZ]

Pour toute recherche sur les ressources généalogiques du département des Manuscrits :

  • GERARD, Jean-Philippe, Répertoire des ressources généalogiques et héraldiques du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, Versailles : Mémoire et documents, 2003

Salle de références de Richelieu [929.1 GER]
Manuscrits occidentaux [8° IMPR 8836 double], à demander à la banque de salle.


Jean-Michel Urvoy

"En Normandie, il n’y a que la marée qui soit haute ou basse" :-)
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