dimanche 16 décembre 2007

Les espagnols en Bretagne, à Blavet de 1590 à 1598.

Vers 1485, Port-Louis, en face de Lorient, s’appelait Blavet et était un port

En 1589, Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, aidé par les troupes de Philippe II, roi d'Espagne (1), met le siége devant Blavet. Il la prend la ville , la ruine et la confie à ses alliés espagnols. Conscients de la valeur stratégique exceptionnelle de Blavet, les Espagnols y menèrent une armée de six mille hommes, sous le commandement de don Juan del Aguila.

Le 25 août 1590, don Diego Brochero, lieutenant de Philippe II introduit une escadre à BLAVET où vient le rejoindre en octobre, don Juan Del Aguila, maréchal de camp, avec trois mille hommes. Les anciennes fortifications du front de terre furent rapidement remises en état, doublées et complétées par une forteresse, el fuerte del Aguila (le fort de l'Aigle), occupant l'emplacement de l'actuelle citadelle.

Jérôme d'Arradon, seigneur de Quinipily, qui s'était vu confier par Mercoeur le commandement d'Hennebont et de Blavet réalisa vite que les Espagnols se conduisaient en conquérants et ne reconnaissaient pas d'autre autorité que celle de leur roi, Philippe II. Ils avaient fait de Blavet une escale, fortifiée par Cristobal de Rojas, sur la route maritime des Flandres.

Blavet fut le dernier poste occupé en France par les espagnols. La forteresse située à l’embouchure de la rivière Blavet s’appelle aujourd’hui Port Louis. Elle est situé en face de Lorient.


Le lieu fut restitué à la France en juin 1598 par le traité de Vervins, en juin 1598[2].

[2 mai 1598 : signature du traité de Vervins par lequel Philippe II d'Espagne reconnaît Henri IV comme roi de France ; l'Espagne rend à la France toutes les villes qu'elle tenait encore sur son territoire. Le traité de paix conclu à Vervins le 2 mai 1598 entre Henri IV et Philippe II, roi d'Espagne, avec la participation de Charles-Emmanuel, duc de Savoie et par la médiation du pape, reprend les clauses de celui du Cateau-Cambrésis du 5 août 1559. Le statu quo fixé à cette date est maintenu. Les Espagnols rendent toutes les places qu'ils avaient prises en Picardie mais conservent Cambrai et le Charolais. Philippe II reconnaît Henri IV comme roi de France et renonce à toutes ses prétentions pour l'infante Isabelle Claire Eugénie.

Ce traité met un terme aux ambitions que Philippe II avait nourries pendant les guerres de religion, en France.

Original sur parchemin en un cahier de dix feuillets, signé, non scellé. Plénipotentiaire français : Pomponne de Bellièvre. ; M.A.E. Traités. Multilatéraux 15980001].




(1) Philipe II d’Espagne était le petit fils d’Anne de Bretagne.

[2] Jean-François Labourdette, Jean-Pierre Poussou et Marie-Catherine Vignal, Le traité de Vervins, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2000.

Citadelle de Port-Louis, 56290 Port-Louis - Téléphone : 02 97 82 56 72 - Télécopie : 0297 82 17 28. La citadelle de Port Louis est une annexe du Musée de la Marine.

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