jeudi 7 février 2008

A propos de Caseneuve, Christophe Colomb et Leibniz.

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Certains auteurs contemporains de Colomb ou appartenant aux siècles suivants, ont confondu la personne de Christophe Colomb avec celle de pirates ou marins homonymes. Ils avaient une excuse, certains noms étaient écrits en latin vulgaire, d'autres sont en latin utilisé par les ecclésiastiques.

Quelques auteurs sont persuadés que Colomb et Caseneuve sont parents, tels l'Américain Goodrich. Ce qui n'a jamais été démontré. On rencontre des affirmations de ce genre dans des textes qui nous annoncent que Colomb était français, qu'il était fils ou neveu d'un autre Colomb originaire de la Gascogne, surnommé Columbus dont le véritable nom serait Guillaume de Casenove.

Sur la base de quelles preuves affirme-t-on de telles choses ? On trouve malheureusement de nombreuses affirmations comme celle-ci, parfois amusantes, écrites par des rédacteurs qui ont fait de la compilation de textes mais qui n'ont rien démontré. C'est un excellent moyen pour identifier les charlatans. Un récent pseudo historien ignare les a reprises à son compte et a même écrit que Caseneuve était de noblesse normande alors qu'il est originaire du sud ouest de la France.... voir noitre texte sur les origines de Caseneuve, plus bas sur cette page.
On connait au moins une origine sur la confusion entre Colomb et Caseneuve.

Dans son " Codex juris gentium diplomaticus ", publié, en 1693, à Hanovre, Leibniz confond Christophe Colomb avec Guillaume de Caseneuve, surnommé Coulomp, qui est vice vice-Amiral de Louis XI.

Cette information à été reprise par plusieurs auteurs qui citent la version de 1693 de Leibniz comme référence mais qui semblent ne pas connaître savoir que Leibniz à reconnu s'être trompé dans une édition suivante. Certains en recopient d'autres sans vérifier leur sources et parfois sans savoir que Leibniz s'est trompé et l'a reconnu.

En 1700, Leibniz publie une deuxième édition modifiée de son ouvrage.


Cet ouvrage est parfois cité sous le titre abrégé de
" Mantissa Codicis juris gentium diplomatici ".

C'est dans cet ouvrage, avec des passages en français d'autres en latin, publié à Hanovre que Leibniz remercie un personnage nommé Toinard (Nicolaus Toinardus) de l'avoir informé de cette méprise. Il s'agit de Nicolas Toinard, ou Thoynard, (1629-1706), antiquaire Orléanais correspondant de Leibniz. Cette méprise avait aussi été relevée par un certain Duchat.

On trouve le passage rectificatif dans la préface, à la quatrième page.

L'information de cette correction, est mentionnée par Fontenelle, secrétaire de l'Académie des sciences de Paris, dans son "Éloge de Leibniz" qu'il prononçât le 13 novembre 1717.

C'est ce texte élogieux qui m'a mis sur la piste de la correction de l'erreur publiée publiée par Leibniz. Il est est déjà peu vraisemblable que Guillaume de Caseneuve soit de la famille de Colomb alors le confondre avec lui était me semblait pour le moins énorme. Je ne peux pas prouver la première hypothèse mais la seconde est démontrée.

On trouve l'Éloge de M. Léibniz dans " Fontenelle, Œuvres Complètes, Tome VI 1694-1727 ", page 377.
On le trouve aussi dans " Choix d'éloges français les plus estimés ", 260 p. ; in-12, Paris, d'Hautel, 1812 - L'ouvrage contient : "Eloge de Newton" ; "Eloge de M. de Tournefort" ; "Eloge de M. le maréchal de Vauban" ; "Eloge de M. Leibnitz" : "Eloge de M. d'Argenson" ; "Eloge du czar Pierre I".

L'éloge de Leibniz se trouve à la page 103 et, le passage qui cite cette erreur est imprimé page 115 et page 116.

Origines de Guillaume de Caseneuve

La maison de Caseneuve ou Casenove est originaire de Guyenne et de Gascogne.


Les deux membres les connus de cette famille sont Guillaume de Casenove (ou Caseneuve) et son fils Jean de Cazenove, vices amiraux du roi de France Louis XI. On sait qu'un de leur ancêtres a accompagné Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste lors de la troisième croisade, en 1191. Un autre fut maire de Bordeaux. Un autre gouverna l'abbaye de Condom, vers 1290.

Ouvrages de référence

Leibniz, Gottfried Wilhelm (1646-1716)

1. "Codex juris gentium diplomaticus, in quo tabulae authenticae actorum publicorum, tractatuum, aliarumque rerum majoris momenti per Europam gestarum... continentur, a fine seculi undecimi ad nostra usque tempora... quem, ex manuscriptis praesertim Bibliothecae augustae guelfebytanae codicibus... edidit G. G. L. [Leibnitius.] " ; In-fol., pièces limin., 24-479 p. ; Hannoverae, Samuelis Ammonii.* (Samuel Ammon) 1693 - Notice BNF n° : FRBNF30781225.

2. "Godefridi Guilielmi Leibnitii Mantissa Codicis juris gentium diplomatici, continens statuta magnorum ordinum regiorum, acta vetera electionum regis romani, manifestationes jurium inter Franciam, Angliam et Burgundiam olim controversorum... ex manuscriptis praesertim Bibliothecae augustae guelfebytanae codicibus... " ; 2 parties en 1 vol. (30-380 p.) ; in-fol.; Hanoverae : sumptibus G. Freytagii, 1700; Notice n° : FRBNF30781226 - Cote de la Version numerique : NUMM-49876.


Notes

Cet " Éloge de Leibniz par M. de Fontenelle " est publié dans plusieurs documents. on le trouve aussi dans " Leibniz. Œuvres. Nouvelle édition collationnée par, Amédée Jacques", 2 vol. in-18 ; Paris, Charpentier, 1846. Il imprimé" en début d'ouvrage à la page 6.

L'auteur de l'éloge à Leibniz est Bernard le Bovier de Fontenelle (1657-1757), philosophe et écrivain français qui annonça l'esprit des Lumières en vulgarisant des théories scientifiques nouvelles. Il est né à Rouen, neveu (par sa mère) de Pierre et Thomas Corneille, fils d'avocat, il fréquenta le collège des jésuites, étudia le droit et se consacra très tôt à la littérature. Membre de l'Académie française (élu en 1691) Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de 1699 à 1737.


JM Urvoy,
Paris janvier 2006.
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