dimanche 6 avril 2008

Archéologie marine

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Quelques faits et chiffres concernant le patrimoine subaquatique.

Les épaves sont une donnée inestimable dans la reconstruction de modes de vie n'existant plus. Elles représentent un trésor enfoui en termes de connaissance relative à la vie à bord, à la construction de bateaux et aux routes commerciales. Une épave est une capsule à remonter le temps qui attend d'être ouverte puisque le temps s'arrête lorsqu'un navire fait naufrage.


Richesse du patrimoine culturel subaquatique : quelques exemples.

On estime qu’il reste plus de trois millions d’épaves avec leurs cargaisons disséminées au fond des océans partout dans le monde. Des monuments historiques comme le Phare d’Alexandrie (Egypte) ou des cités entières comme Port Royal (Jamaïque), ont aussi disparu sous les flots. Ces trésors immergés attirent des pilleurs sous-marins qui se livrent, grâce à des technologies toujours plus sophistiquées, à un pillage systématique de ce patrimoine culturel.
On pense que 65 000 d’entre elles ont coulé au large des côtes nord-américaines depuis plus de 500 ans.

Dans la seule baie de Montevideo (Uruguay), plus de 200 naufrages importants ont eu lieu entre 1772 et 1930. Parmi les navires sinistrés se trouvaient des frégates, des brigantins, des corvettes, des bateaux à vapeur et des barques qui reliaient le Rio de la Plata à l’Amérique du Nord ou qui transportaient des passagers entre l’Argentine et l’Uruguay.

Les experts estiment que 850 navires - dont 90 galions espagnols et 40 navires portugais - reposent dans le fond des eaux qui bordent les Açores.

Le Dictionary of Disasters at Sea recense 12 542 bateaux à voile et vaisseaux de guerre perdus en mer entre 1824 et 1962.

Des villes entières ont disparu sous les vagues, comme Port Royal en Jamaïque, victime d’un tremblement de terre en 1692.

Les vestiges des civilisations anciennes, à présent sous les eaux, comprennent le Phare d’Alexandrie en Egypte et de nombreux villages du néolithique engloutis sous la Mer Noire.

Les fouilles scientifiques d’un galion espagnol basque (Labrador, Canada) ont exigé 14 000 heures de plongée et ont donné lieu à une collecte d’informations suffisamment abondante pour remplir un rapport de 4 000 pages et pour reconstituer à l'échelle un modèle du navire.

L’épave du navire suédois Wasa attire 750 000 visiteurs par an rapportant à l’économie nationale 300 dollars par touriste et par jour.

Le Western Australian Maritime Museum accueille 250 000 visiteurs par an.

De soigneuses fouilles archéologiques de la frégate Pandora naufragée au large des côtes australiennes en 1791 ont puissamment contribué à élucider les circonstances de la mutinerie du Bounty et de la traque des mutins.

Des recherches archéologiques complètes menées pendant dix ans sur 8 édifices immergés à Port Royal, en Jamaïque, ont offert aux scientifiques une occasion sans précédent d’étudier l’urbanisme, l’architecture, le régime, la technologie et la vie quotidienne au 17e siècle.

En 1985, un chasseur de trésor américain a découvert une cargaison d’une valeur estimée à 400 millions de dollars dans l’épave d’un galion espagnol de 1622 au large des Florida Keys.

Au moins six sociétés de chasse au trésor ont organisé des opérations au Portugal afin d’en exploiter le très riche patrimoine subaquatique découvert au large des côtes du pays.

A la recherche de galions espagnols naufragés, les chasseurs de trésor recrutent régulièrement des pêcheurs locaux aux Philippines pour ratisser les fonds marins.

Dès 1974, des enquêtes ont montré que l’ensemble des épaves connues au large des côtes turques avaient déjà été pillées.

En 1986, une vente aux enchères, organisée par la Christie’s Auction House, d’objets en porcelaine et en or, récupérés dans l’épave d’un navire hollandais de 1752, dans la Mer de Chine méridionale, a rapporté 16 millions de dollars.

La cargaison retrouvée dans une épave au large des côtes méridionales du Vietnam a été adjugée près de 7,2 millions de dollars en 1992.

Grâce à d’importantes fouilles subaquatiques, Bodrum a vu sa population locale tripler confirmant ainsi son statut d’un des sites touristiques les plus populaires de Turquie.

Plus de 4 millions de personnes ont visité l’épave du Mary Rose à Portsmouth.

Les archéologues du Mary Rose ont plongé 28 000 fois entre 1979 et 1982 pour un coût total de 2,8 millions de dollars.

60 millions de téléspectateurs ont pu assister en direct au renflouage des 580 tonnes du Mary Rose le 11 octobre 1982.

En 1999, les sauveurs de trésor ont repéré, dans la Mer de Chine méridionale, une jonque si grande qu’ils l’ont surnommée le «Titanic chinois». Sa cargaison de plus de 300 000 pièces de porcelaine a suscité un appel aux investisseurs en vue d’une récompense pécuniaire.



Jean-Michel Urvoy.


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