dimanche 13 avril 2008

Gênes et ses palais.

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La ville de Gênes est située dans la région de Ligurie au nord-ouest de l’Italie sur la côte de la mer Méditerranée.

Ancien port ligurien, Gênes fut conquise par les Lombards au VIIe siècle et mise à sac à plusieurs reprises par les Sarazins au Xe siècle. À partir du XIe siècle, souvent en concluant des alliances avec d’autres cités États, les Génois renforcèrent leurs relations commerciales, passèrent maitres et précurseurs de la construction navale, de la navigation et de la cartographie, des techniques industrielles et bancaires et de la rédaction de contrats qui permettaient des partenariats et des investissements dans des affaires commerciales lucratives. Aux XIIe et XIIIe siècles, Gênes devint l’une des plus grandes villes d’Europe, avec une population de quelque 100 000 habitants vers l’an 1300. Au XVe siècle, elle connut un certain déclin et fut souvent gouvernée soit par les Français soit pas Milan.

Gênes et la Ligurie, entre 1339 et 1402.

Les Génois ont une part considérable dans l'histoire de la navigation et du commerce au moyen âge. Ils sont marchands et guerriers aux croisades, habiles en même temps à se ménager le trafic avec les infidèles de l'Égypte et de la Mauritanie. Ils disputent l'empire de la Méditerranée aux Pisans et aux Vénitiens. Leurs colonies brillent d'un grand éclat : celle de Péra tour à tour protège et fait trembler les empereurs grecs de Constantinople ; Caffa domine à l'extrémité de la mer Noire.

Il est curieux d'observer un peuple déjà célèbre et redouté en Orient quand, chez lui, il ne possède rien au-delà de l'étroite enceinte de ses murailles ; qui a fait de grandes choses au loin, n'ayant jamais eu pour territoire que quelques lieues d'une rive étroite et stérile où l'obéissance lui était contestée. C'est d'une association de mariniers, premier rudiment de son organisation républicaine, qu'on voit naître une noblesse purement domestique et municipale, mais bientôt illustre.

Dès le Moyen Âge, Gênes devint une Libero Comune, densément peuplée entre la mer et les collines. Politiquement, Gênes se caractérisait par un système de Contrade consortili, correspondant aux quartiers urbains, les Alberghi, c’est-à-dire divisés en zones d’influences par famille noble. La critique de ce système conduit à l’adoption d’un système rival de Dogi perpetui, qui resta en vigueur jusqu’en 1528. Andrea Doria (1468-1560), un amiral génois renommé qui avait servi des papes et plusieurs rois européens, construisit une flotte dont la puissance surpassa les corsaires de la Méditerranée. En 1528, il établit une nouvelle division sociale et une constitution aristocratique à Gênes qui perdura jusqu’en 1798. Sous la direction de Doria, une alliance avec l’Espagne autorisa les financiers génois à contrôler le commerce napolitain et espagnol et à recevoir de l’or du Nouveau Monde. En 1570, ils étaient les principaux banquiers de l’Europe catholique et Gênes était gouvernée par une oligarchie stable et prospère.

C’est dans ce contexte que se fit jour la nécessité de construire de nouvelles résidences pour ces quelques familles extrêmement riches, des résidences capables d’accueillir des hôtes distingués tels que des cardinaux, des gouverneurs ou des ambassadeurs visitant la ville. Ce besoin de représentation conduisit à la percée de la Strada Nuova à partir de 1551, et la liste officielle (Rollo) des palais choisis pour une représentation officielle fut proclamée en 1576. La typologie de ces palais aristocratiques se distingue clairement de celle de la période précédente du haut Moyen Âge, adoptant des unités spatiales grandioses (vestibules, escaliers monumentaux, atriums, jardins) et une riche décoration intérieure de style de la fin de la Renaissance et maniériste. Ce modèle a aussi été appliqué à d’autres parties de la ville.

Le quartier de Gênes

où se trouvent les palais construits aprés la découverte du Nouveau monde.


Gênes - palais Interiano Pallavicino (1565)

En raison de la déclivité du terrain, la typologie des palais s’ajustait aux conditions spécifiques de chacune de leur implantation. Les édifices comportaient généralement trois ou quatre étages, associant les halls d’entrée à de spectaculaires escaliers ouverts, des cours et des loggias surplombant des jardins construits sur différents niveaux dans un espace relativement restreint. Du fait des contraintes, chaque palais possède sa propre solution architecturale et un caractère particulier. La décoration commence presque toujours par la quadrature de la façade ornée de fresques et/ou d’un décor de pierre, se poursuit à l’intérieur par des atriums, d’élégants escaliers, des couloirs et des galeries décorés de fresques et de stucs. Les résidences de la Strada Nuova bénéficièrent de la maîtrise, de la créativité des artisans de Lombardie et de l’art de vivre fastueux des riches banquiers génois. Ce style grandiose fut reproduit Via Balbi au début du XVIIe siècle, où les thèmes furent poussés à leur paroxysme. Les palais de Giacomo et Pantaleo Balbi (1618-1645) et celui de Agostino Balbi (1618-1670) furent l’œuvre de l’architecte Bartolomeo Bianco. Le plus grandiose d’entre eux fut le palais de Stefano Balbi (1643-1655), qui devint par la suite le Palais royal de la famille de Savoie.

Localisation des palais dans la ville (1).

Localisation des palais dans la ville (2).

Informations complémentaires.

  • La statue de Colomb au centre de Gênes :
  1. http://www.liguriacards.com/genova/principe4/principe4.html
  2. http://www.liguriacards.com/genova/colombomon/colombomon.html

Henry Leroy.

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